Journal d'une grande blessée de guerre

A la base, il était prévu de lancer aujourd'hui une nouvelle rubrique qui se serait appelée "Catwoman est pleine". Mais voilà, après la journée d'hier (C'est vrai que je suis particulièrement malheureuse avec ma gosse qui, une fois de temps en temps m'empêche de dormir), j'ai eu envie d'oublier 5 minutes que je suis une mère.

Alors je me suis plongée dans le blog d'une autre Catwoman. Elle est plus jeune que moi (3 ans de moins) mais, SURTOUT, elle n'a pas d'enfant qui lui bouffe tous ses neurones, pas de mec, pas de problèmes de fins de mois sur la corde. Elle n'a qu'elle à qui penser. Alors, elle en profite. De temps en temps, elle alimente son blog. Elle y met des extraits de sa vie. Et parfois, elle les croque avec humour.

Personnellement, j'ai bien rigolé en lisant cet article que j'ai écrit le 25 octobre 2007.


Journal d'une grande blessée de guerre


La guerre en question : 15 jours à cheval en Mongolie. On commence le journal au jour de l'attaque.

Jeudi 20 septembre 2007 :

Attaque brutale et sans préavis d'un coupe-vent sur un cheval mongol qui réagit en faisant un écart et en se débarrassant ainsi du même coup du Gore-tex ennemi et de la traîtresse qui était à l'origine de l'attaque. La touriste se rétame comme une grosse merde et se luxe le coude gauche.

En résumé, mon ange-gardien ne m'a pas surveillée pendant 2s et j'en ai profité pour faire une connerie.

Résultat des courses : alors qu'en France, je ne mets jamais les pieds dans un hosto, je vais tester l'hôpital mongol. 40 km de pistes et autant de temps pendant lequel je lutt de toutes mes forces pour pas m'évanouir. J'arrive, on me tourne le bras dans tous les sens pour me faire une radio. Trop forte, je ne crie pas une seule fois (tu seras une FEMME, ma fille) mais par contre j'ai bien cru que j'allais tourner de l’œil.

Vendredi 21, le soir :

Ce soir, on dort dans un campement de Yourtes de luxe. Du coup, au programme, douche chaude et là, damned, je découvre mon bras : violacé en bandes et son volume a été multiplié par 3 ou 4. Après manger, soirée disco : allez danser avec un bras en bandoulière, c'est pas pratique ...

Je me rattrape sur l'Airag (lait de jument fermenté) et la vodka mongol (ça a à peu près le goût de l'alcool à brûler). Tout ça mélangé avec des anti-inflammatoires : le cocktail est explosif.

Samedi 22 :

Même si c'est le bras gauche qui est mort (je suis exclusivement droitière), c'est pas pratique d'être manchote. Du coup, à la stupéfaction générale, j'arrive enfin à me servir de ma main pour qu'elle tienne la fourchette pendant que je coupe mon saucisson du petit déj'.

Dimanche 23 :

Ce soir, on doit rendre les chevaux et, comme il n'est pas question de repartir sans être remontée, je fais l'étape du matin à cheval. Passées les 1° minutes d'appréhension, ben ouais : qu'est-ce qui va se passer si jamais mon cheval prend peur de quelque chose ou m'embarque alors que je n'ai qu'un bras de valide ? On a vu ce que ça donnait avec deux bras. Je prends du plaisir à remonter et à re-goûter à ces longs galops interminables dans les steppes.

Samedi 29 :

Ça fait 3 jours que je suis rentrée. Aujourd'hui, je prends la voiture pour aller faire les courses à 5 minutes de chez oim. Bon, je sais, ce n'est pas très écolo mais c'était surtout pour savoir si j'arrivais à conduire ou s'il fallait que je téléphone à un(e) collègue de m'amener lundi au taf. Résultat des courses : j'arrive à conduire, cool, suis pas totalement handicapée.

Lundi 1° octobre :

J'ai quand même du mal à conduire et j'ai jamais aussi bien respecté les limitations de vitesse : je ne dépasse pas le 70 km/h sur une route que je fais pied au plancher d'habitude.

Mercredi 3 :

Les bonnes habitudes ont vite été reprises. Suis de nouveau pied au plancher sur le trajet pour aller au taf.

Jeudi 11 :

Ça y est, j'arrive à utiliser mon bras gauche pour mettre la ceinture.

Samedi 20 :

Aujourd'hui, je suis très fière de oim : j'ai réussi à faire du vélo. Je vous rappelle, au cas où vous l'auriez oublié, c'est le bras que je me suis bousillé, donc normalement, il ne devrait rien y avoir d'exceptionnel à faire du vélo 3 semaines après la chute. N'empêche, je serai super-fière de l'annoncer au kiné ...

Mardi 23 :

Aujourd'hui, je suis allée chez le kiné à vélo. 5 minutes à pied, c'est trop long et, en bonne feignasse que je suis, je préfère prendre le vélo pour faire le trajet.

Jeudi 25 :

Ça y est, je suis ENFIN complètement guérie : ce soir, j'ai fait le trajet entre chez moi et le taf, pied au plancher et portable, tenu par ma main gauche, collé à l'oreille !!!!!

Commentaires