Je me souviens

C’était un dimanche, une belle journée d’automne comme on peut en avoir chez nous : soleil et douceur au programme.

J’avais pris les cours à la fac depuis une ou deux semaines, pas plus. J’étais rentrée pour le week end chez mes parents.

Nous avions décidé de manger chez toi, une raclette.

Tu étais assise en bout de table, j’étais à côté de toi.

Tu étais fatiguée. D’ailleurs tu n’as pas beaucoup mangé et n’est pas restée longtemps avec nous, ce jour-là.

Et puis, pendant le repas, tu as eu cette minuscule phrase, trois petits mots qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire : « Alors ma chérie ? ». C’était terriblement anodin. Tu me demandais seulement comment ça se passait, si ça allait là bas, loin de mes parents et de mes repères, dans une grande ville que je ne connaissais pas plus que ça, j’étais encore jeune. Je ne sais plus ce que je t‘ai répondu, une banalité sans doutes.

C’était un dimanche, le dimanche 3 octobre 1998. C’était la dernière fois que je te voyais et que je te parlais mais en partant ce jour là, je t’ai simplement dit Au-revoir.

Sept jours plus tard, très tôt le matin, j’étais encore au lit, je traînais. J’ai entendu le téléphone sonner, j’ai tout de suite compris ce que cela voulait dire. Le cancer qui te rongeais depuis plus de six mois avait fini par venir à bout de toi.

Je ne suis pas allée te dire Adieu. Je n’en voyais pas l’intérêt.

A travers ces quelques lignes, je voulais simplement te dire que je t’aimais. Je n’en parle pas souvent, mais ces 3 petits mots, avec le son de ta voix, m’accompagnent depuis maintenant plus de douze ans.

Tu me manques terriblement Mémé et j’aurais tellement voulu que tu connaisse ma fille, ton arrière petite fille.

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