Gaz de schiste


Honnêtement, il y a un mois, je ne savais même pas que ça existait. Et puis, il y a quinze jours, mon Pôpa m’a dit de lire un article sur le Canard Enchaîné : ils y parlaient de la minuscule commune où mes parents vivent et du Maire qui gueulait comme un pou après les gaz de schiste.

Mais qu’est ce donc que le gaz de schiste ?

Alors le gaz de schiste, c’est le nouvel eldorado de la France. Il faut dire qu’à plus de 100 $ le baril de pétrole, toutes les nouvelles sources de carburant sont bonnes à prendre.

Il s’agit d’un pétrole encore emprisonné dans sa roche mère (le schiste en l’occurrence). Il est peu mobile, pâteux et difficile d’accès : on ne peut pas le faire grâce à un simple forage vertical comme le pétrole conventionnel.

Pour extraire les gaz de schiste, il faudra fracturer la roche pour la rendre poreuse. Cela se fait en injectant de l’eau, sous très haute pression (600 bars), mélangée à du sable et toutes sortes d’adjuvants chimiques, dont la composition est rarement connue.

Au final, une grande quantité d’énergie, d’eau et de produits chimiques sont consommés pour extraire une quantité minime de carburants.

Déjà, en soit, cela a de quoi faire réfléchir sur l’opportunité de telles exploitations.

Mais voilà, ce n’est pas tout. Après, il faut voir les régions concernées par ces gaz de schiste :

Par définition, géologiquement parlant, c’est une catastrophe. Elles sont fracturées dans tous les sens et présentent des nappes aquifères qui peuvent être importantes. Elles sont également fortement concernées par les problèmes de sécheresse.

Alors quels sont les risques pour les populations humaines ? Pas seulement de voir leur région défigurée par des derricks.

Les risques sont de graves pollutions des nappes aquifères et rendre l’eau impropre à la consommation, comme cela a été le cas en Pennsylvannie, en 2008 et 2009. Dans le Languedoc, les réservoirs d'eau souterraine concernés par ces explorations constituent la première ressource en eau potable régionale. Elle est exploitée pour l'alimentation de 50% de la population du territoire concerné (dont Montpellier, Nîmes et Millau) et représente un potentiel de premier ordre pour les prochaines décennies.

Au vu de tout ça, et de la découverte progressive par les communes concernées des permis octroyés par l’ancien Super-Ministre de l’Ecologie d’autoriser la prospection en vue de l’exploitation de gaz et d’huile de schiste, la résistance s’organise :

· Le PNR du Luberon, concerné sur une zone de 870 km², a voté mi-février une motion s’opposant à cette demande de prospection ;

· Une manifestation a eu lieu en Ardèche le week-end dernier ;

· Le département du Lot a également voté une motion interdisant toute prospection.

Il est demandé la saisie de la Commission nationale du débat public (CNDP) "afin qu'un débat collectif et politique ait lieu sur la reconversion énergétique de notre société".

A l’heure actuelle, les explorations ont été provisoirement suspendues, le temps de déterminer si une prospection "propre" de ce gaz est ou non possible.

Affaire à suivre ...

Une petite pétition à signer : LA

Sources :

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