Une bouteille à la mer

Ce soir, j'ai envie de jeter une bouteille à la mer. J'ai envie que nous créions quelque chose tou(te)s ensemble pour contrer le gouvernement.

J'ai envie d'opposer au "diviser pour régner" de nos chères têtes pensantes un beau "rassembler pour reprendre le pouvoir". Parce que nous sommes en démocratie et qu'en démocratie, le pouvoir nous appartient à nous, le peuple.

C'est parti d'un constat : l'amertume de la semaine dernière à l'annonce d'un quatrième jour de carence pour le privé et l'annonce, pour faire passer la pilule de la création d'un jour de carence pour le public. Ça a fonctionné à merveille : ces feignants de fonctionnaires ont une nouvelle fois été stigmatisés. On les a bien montrés du doigt et la populace s'est bien divisée. Pendant ce temps-là, on ne voyait pas toutes les saloperies qu'ils nous pondaient encore. Pendant ce temps-là, on oubliait toutes les injustices qu'ils créent depuis des années.

Pendant ce temps-là, j'ai lu le mail d'une prof' d'histoire-géo publié sur Slate qui racontait son ras-le-bol et son quotidien (vous pouvez le lire ICI).

Pendant ce temps-là, Batman me racontait qu'un de nos futurs collègues était un ancien prof' qui craquait et qui espérait avoir une utilité pour le bien commun au ministère de l'écologie.

Pendant ce temps-là, je lisais Marilou qui semble craquer à cause de son métier d'enseignante qu'elle aime pourtant profondément, j'en suis convaincue.

Pendant ce temps-là, je vois Mowgouaille qui se bat contre des moulins à vent pour aider ses adultes handicapés et leur faire faire plein de choses.

Pendant ce temps-là, je vois Batman se démener tous les jours pour essayer de faire entendre raison et protéger un tant soi peu nos rivières et notre mer.

Pendant ce temps-là, je vois un gendarme qui nous explique comment les chiffres de la délinquance baissent miraculeusement.

Pendant ce temps-là, j'essaye, avec les faibles moyens qu'on me donne, d'éviter au pays de payer des centaines de millions d'euros d'amende pour une directive non respectée. Et je me dis que l'herbe serait peut-être plus verte au ministère de l'éducation nationale où là, on sert encore à quelque chose : apprendre à nos enfants à lire, écrire, compter et devenir autonomes.

Pendant ce temps-là, je me dis que ce n'est pas rose non plus dans le privé. Qu'il y a là-bas, de l'autre côté de la frontière qu'on dresse entre nous, des gens qui travaillent et qui souffrent également.

Et je me dis : si nous créions quelque chose de commun public-privé ou privé-public (on s'en fout de l'ordre des mots, tant qu'on fait les choses ensemble).
Un endroit où l'on parle de nos métiers, de ce que nous voulons faire, des joies que l'on y rencontre et des déconvenues (c'est un bien faible mot) auxquelles on se heurte.
Un espace de dialogue ouvert où nous faisons connaissance et où nous échangeons.
Un endroit où on tombe les masques.

Je n'ai pas d'idée précise. Je pensais à un blog (parce que c'est ce que je maîtrise), un blog ouvert sur tous les réseaux sociaux existant. Mais je suis ouverte à toute proposition, du moment qu'elle est constructive.

Je jette cette bouteille à la mer.


Vous pouvez me répondre par commentaire sur le blog (c'est ce qui sera de plus facile pour ouvrir un dialogue et construire un projet) ou par mail (par l'onglet contact à droite). Pour l'instant, je n'ai pas Face de Bouc mais si je vois un enthousiasme débordant pour mon idée, je suis même prête à ouvrir un compte ...

Je remettrai régulièrement ce billet tant que nous n'aurons pas créé ce quelque chose. Je vous invite à diffuser cette bouteille à la mer à l'ensemble de vos contacts et je vous autorise même à recopier mon appel (en faisant un lien vers moi quand même).

IL FAUT ORGANISER LA RIPOSTE et leur montrer que nous ne sommes pas dupes !!!!!!!!!!

Commentaires

  1. Merci pour cette bouteille à la mer qui me touche beaucoup. Oui j'aime mon métier et c'est justement pour ça que je craque. J'aime enseigner aux enfants, mais c'est l'environnement qui me pousse à bout. Les moyens qu'on nous retire, la pression qu'on nous met sur les épaules, le manque de considération, le non-respect, les coups de pute des collègues qui œuvrent uniquement pour leur bien-être personnel, leur incompétence voire leur irresponsabilité, et tout ça en toute impunité. L'inertie des gens qui savent et qui ne se bougent pas le cul. Mon école va fermer à cause de l’ingérence d'une pouffiasse, et je ne peux rien faire Catwoman. Tout ce boulot foutu en l'air, et l'administration qui sait, et ne peut ou ne veut rien faire. Et mes parents avec qui je me suis fâchée hier parce qu'ils ne comprennent pas que je veuille défendre mon poste. Je me sens si mal.
    Je suis partante pour ton idée, je ne sais pas comment mais je vais y réfléchir.
    Merci pour tout.

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  2. De rien Marilou, c'est normal !

    S'engueuler avec ses parents parce qu'ils ne comprennent pas notre mal-être et nos choix, c'est récurrent pour moi. Je comprends tout à fait ce que tu ressens.

    On va réfléchir à ce que l'on peut faire. Et on va organiser la riposte, ne t'en fais pas !

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  3. J'ai vu ta bouteille à la mer flotter ce matin devant chez moi ! J'ai lu et j'ai dit: "Chiche !"

    Je ne suis pas prof, ni fonctionnaire mais je les défend. Je suis un modeste petit chef d'entreprise, et j'agis à ma manière pour le respect de l'homme avant toute chose.

    Et puis... il faut savoir vivre d'utopie. Alors: je te suis ! (surtout qu'aujourd'hui c'est la journée de la jupe...).

    Banzaï !

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  4. coucou, je comprends bien ton idee ... et je pense qu'on met tous les fonctionnaires dans le meme panier. J'ai un profond respect pour les personnes du medical, les enseignants, les fonctionnaires de police etc ... Je rage de voir que suite à une suppression de classe mon fils qui est en 1ere annee de maternelle se trouve à 32 eleves dans sa classe avec "pas assez de chaises et de tables et de lits pour tout le monde". Une amie a vu son fils retiré de son ecole car il est handicapé et que le poste de son auxiliaire a été supprim2 etc ... j'en passe et des pires ! Seulement j'en connais aussi, qui bien tranquile dans les bureau, finissent à 15h, ont les locations de vacances presque gratuites, ont des taux preferentiels pour leur credit immo, ont 3 ans dés le 1er enfant en congés parentale, ont leS tickets resto alors qu'il y a une cantine, une place assuree en creche, etc ... je ne leur jete pas la pierre et tant mieux pour eux mais cela attise les jalousies et creuse l'ecart social. Peut etre qu'en equilibrant un peu les choses, il y aurait moins ce sentiment d'injustice et pour ça, je te rejoint, il faut dialoguer, s'unir ... mais quel boulot ! lol

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  5. @ François : Cet appel est pour tout le monde et pas que les fonctionnaires. Par exemple, je ne demande qu'à mieux connaître les problèmes dans le privé. Je suis ravie de voir que tu es prêt à me suivre !

    @ L'Avis d'une maman : Malheureusement, ce genre de fonctionnaires, je connais. J'en ai vu beaucoup de caricatures mais je ne veux pas en parler parce qu'ils ne sont heureusement pas la majorité. Et puis, tu sais, je connais aussi des personnes dans le privé qui regardent des films au bureau ;-) et je ne veux pas parler d'eux non plus. Si tu me rejoins sur l'idée, c'est génial : c'est sûr que ça va être un sacré boulot !

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  6. malheureusement tes visions sont réelles et le constat amer

    la nécessité d'une réponse est donc flagrante

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  7. En fait il faudrait éviter de faire une séparation des problèmes public-privé. C'est justement faire le jeu des réactionnaires que d'opposer les groupes. Et s'il ne s'agit pas des fonctionnaires on parlera des assistés de chômeurs, ou des retraités privilégiés...

    Dans les difficultés que nous vivons depuis plus de 30 ans, ceux qui sont dans le bas de l'échelle sont les plus touchés. Viennent ensuite les classes moyennes, composant la population la plus nombreuse et la plus malléable puisqu'elle n'a qu'un seul souhait: celui de ne pas tomber en bas de l'échelle justement ;-)

    C'est donc à cette classe moyenne nombreuse d'unir ses efforts pour une vie meilleure. Partout où c'est possible: fermeture de classes, licenciements, abus d'autorités, conditions de travail précaires, absence de valorisation des compétences,...

    C'est simple et compliqué à la fois !

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  8. et pendant ce temps, lorsqu'une amie enseignant se fait agresser la direction lui demande ce qu'elle a bien pu faire pour en arriver là...

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  9. @ François : Tu vois très juste et c'est clair que c'est quelque chose qui va être extrèmement difficile à mettre en place, du fait des disparités et de la stygmatisation dont les uns et les autres font l'objet depuis des années.
    Je suis peut être utopiste mais je suis sûre que nous pouvons y arriver avant d'être arrivés au fond du gouffre !

    @ Lheureuseimparfaite : Malheureusement, tu ne m'étonnes absolument pas là ! C'est vraiment minable comme attitude mais tellement attendu de leur part !

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