Pig Run

Mi-janvier, nous sommes au n°93 de l’allée des châtaigniers à Porcu.
Peggy se trouve exploitée par ses patrons. C’est bizarre, elle et les autres doivent manger, encore et toujours, devenir chaque jour plus gros. Quand Ils passent, Ils leur donnent des compléments (il n’y a bien plus que ça à manger en ce moment). Des fois, Ils embarquent, un frère, un cousin ou un ami. Toujours le plus beau et le plus gras.
Elle a peur pour elle et pour ses 5 petits et, surtout, il y a les plus grands, ceux qui sont nés au début de l’année dernière et qui sont un peu plus gros. Et puis, elle veut faire connaître à ses petits les glands, les châtaignes, les vers de terre, jeunes pousses de plantes ; enfin, tout ce qu’on ne trouve plus ici en cette saison. Il faut sortir d’ici, vite, trouver à manger et que tout le monde connaisse enfin la Liberté, le Grand Air.
Elle cherche le meilleur moment, le trou dans le grillage qui leur permettra à elle et autres de s’échapper. Les Autres ? Elle a bien observé leur manège, noté les heures de présence et les personnes. En gros, Ils ne sont pas là tout le temps mais seulement dans l’après-midi, pour donner des compléments alimentaires (les châtaignes sont finies, il n’y a pas beaucoup de glands et le reste est en quantité très limitée en ce moment) mais aussi, et surtout, pour emporter avec eux certains des siens.
Aujourd’hui, c’est le jour idéal. On est dimanche, Jour du Seigneur, Ils ne viendront les nourrir que tard dans l’après midi.
Elle prend ses petits avec elle, quelques grands la suivent et direction … le trou dans la clôture. C’était beaucoup plus facile qu’il n’y paraissait ! A Peggy et ses 10 comparses la liberté. Dehors, l’herbe est beaucoup plus verte, il y a de quoi manger pour tout le monde. Un vrai régal !
A tel point qu’ils en oublient d’avancer et de s’éloigner de Porcu.
Les Maîtres se sont rendus compte de leur absence. Ils les cherchent partout dans le village des humains, à l’aide de leurs gros véhicules qui les font avancer, à moindre effort, beaucoup plus vite qu’eux …
Ils finissent par retrouver Peggy et ses protégés. Pour les ramener à Porcu, ils tentent de les attraper avec du grain. Non mais, Ils la prennent vraiment pour une Perdrix d’un jour ! Elle ne se laissera pas avoir avec si peu. Non sans mal, elle arrive à convaincre ses Petits et ses protégés à continuer leur chemin : il y a tellement de bonnes choses à manger …
Et puis ils en croisent de nouveaux, ils ne les connaissent pas ceux là, ils n’ont d’ailleurs pas l’air bien méchants. Il y a un mâle, une femelle et une toute petite bestiole, encore plus minuscule que ses propres petits. D’ailleurs, la Petite ne marche pas, elle se fait pousser telle une Princesse dans sa poussette. Elle tient fortement dans ses petites mains un sachet plastique.
Mais quelle est donc cette gouleyante odeur qui sort du fameux sachet ? Du pain dur ! Miam, miam. Scemu et Simplu se laissent attirer : c’est tellement bon, ça, le pain dur …
Peggy est folle de rage. S’ils continuent comme ça, ils vont finir en Lonzo, Coppa ou Figatellu ! Elle essaye de les convaincre de continuer avec elle. Rien à faire, Scemu (Idiot) et Simplu suivent les trois étrangers et réclament du pain à la Petite. Il est Hors de Question qu’Elle leur en donne. C’est SON pain à Elle, qu’elle destinait au Poney. Par contre, elle aimerait bien les attraper, leur tirer quelques poils et les caresser. Mais là, ce sont ses parents à elle qui ne sont pas d’accord … Quelle bande de vieux Réacs ces deux là !!!!!!!
Au final, ils arrivent au véhicule de leurs maîtres qui les convainquent sans mal d’y monter, grâce au grain aimablement offert.
Peggy continuera quelques temps sa folle course à travers le village des Hommes puis, voyant ses petits fatiguer, et ne trouvant pas d’abris sûr pour la froide nuit qui s’annonçait, elle se laissa convaincre de retourner dans son enclos, avec les autres.
Ce n’est que partie remise. Elle a fait les repérages nécessaires. Un des trous a été réparé mais elle en connaît plein d’autres, dont certains sont au milieu des ronces. Dans quelques temps, la présence humaine sera moins forte dans le local. D’ici là, elle réussira à convaincre tout le monde de la suivre et elle pourra de nouveau s’échapper.

Commentaires

  1. mais c'est triste ton histoire dis-moi ... je veux que ça finisse comme dans les films américains ... qu'ils s'échappent et qu'ils vivent leur vie dans la forêt ... bon je sais j'adore la charcuterie pfffff

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