La pilule du lendemain, une pilule abortive ?

Dans la série jexposemesidéespoltiquesetféministes à la noix (de pécan), aujourd'hui, je prends ... les droits des femmes en Amérique Latine, et plus particulièrement au Honduras, qui régressent et risquent de prendre un sale coup sur la tête.

Ainsi, le premier février, la Cour suprême hondurienne a jugé constitutionnel le décret 54-2009, adopté par le Congrès national en avril 2009. Ce texte interdisait la pilule du lendemain - sa promotion, son usage et sa vente - et la rendait punissable pénalement, au même titre que l'avortement.

Mais qu'est ce donc exactement que la pilule du lendemain ? La pilule du lendemain, de son petit nom lévonorgestrel, est un contraceptif d'urgence que toute française peut utiliser, moyennant une modique rémunération du pharmacien et des labos (oui, modique, quand on compare à ce que peut coûter un enfant ...), dans les 72 h après un rapport sexuel non protégé. L'hormone de synthèse agit sur l'ovulation en la bloquant et évite donc bien des risques de grossesse.
En France, comme dans beaucoup de pays, et comme à l'OMS, on considère donc cette pilule comme une contraception : elle empêche les spermatozoïdes de féconder l'ovule.

Au Honduras, les juges et législateurs considèrent, eux, cette pilule comme abortive. De ce fait, le Congrès peut désormais ériger en infraction l'utilisation et la distribution de la pilule du lendemain. Les utilisatrices risqueront purement et simplement la prison.

Le 28 mars dernier, Amnesty International s'alarmait de cette situation : "Si le recours à la pilule contraceptive d'urgence et sa distribution se trouvent érigés en infraction, les conséquences seront désastreuses pour les femmes et les filles. Les victimes de viol, par exemple, ne pourront plus éviter une grossesse et ainsi limiter les conséquences éventuelles de ce crime. Par ailleurs, l'interdiction de la pilule contraceptive d'urgence priverait les femmes et les filles d'une solution de remplacement en cas d'échec des autres moyens." Ainsi, Amnesty International appelle à interpeller le président du Congrès Juan Orlando Hernández, et le président du pays, Porfirio Lobo Sosa, pour « ne pas ériger en infraction l'utilisation et la distribution de la pilule contraceptive d'urgence ».

Si vous voulez faire quelque chose pour éviter que les droits et la situation des femmes honduriennes, déjà pas terribles, ne se dégradent encore, je vous invite à signer la pétition d'Avaaz que vous trouverez ICI.


Sources :

Commentaires

  1. c'est signé ! et partagé sur FB !
    en ts les cas, pour m'en être servie plus jeune à cause d'une vilaine capote qui était restée coincée (pas très appétissant désolée mais ce sont les réalités qu ipoussent à la prendre) et qui m'a peut-être sauvée d'une énOrme galère !!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il vaut mieux une petite pilule qu'un avortement ...

      Supprimer
  2. Je viens de voir le lien de Babidji vers ton article (je suis à la ramasse lecture de blogs depuis plusieurs jours, désolée) et je me suis précipitée pour signer. Je vais de ce pas faire tourner.
    Merci pour cet article qui a failli me passer à côté (ou plutôt à côté duquel j'ai failli passer)!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je passe (ou manque passer) aussi à côté de pas mal d'articles en ce moment ! C'est un peu l'inconvénient quand on a beaucoup d'abonnements HC, je trouve.

      Supprimer
  3. Je vais signer, et partager sur Facebook dans la foulée (sur HC, c'est fait.)

    RépondreSupprimer
  4. Je signe aussi mais je partage pas passke j'ai pô de fessebouk, et pi je suis pas prêteuse... Nan mais pilule abortive mes fesses! Et quand bien même? Quand les gens vont-ils enfin comprendre que certains "bébés" ne sont pas faits pour naître, parce qu'ils seraient malheureux, abusés, en carence de tout ce qui est nécessaire à leur bien-être ou handicapés ou le fruit d'un viol avec lourde charge psychologique à porter ? J'ai déjà fait une fausse couche précoce, avant même de savoir que j'étais enceinte, et bien je préfère avoir vécu ça comme ça, qu'avoir fait une fausse couche plus tardive. Car dans ma tête, ce que j'ai perdu, c'est un petit amas de cellules. Alors qu'un peu plus tard, cet amas prend la forme d'un enfant tout de même. Donc oui, je préférerais mille fois mieux la pilule du lendemain à un avortement!
    Pff... monde de merde...

    RépondreSupprimer
  5. Je ne suis donc point la seule sur terre à ne pas avoir fesses de bouc ?

    J'adore quand tu t'énerves Marilou ! Je n'ai rien à ajouter : tu penses bien que je suis à 200 % d'accord avec toi !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bah on est 2 en fait je crois sans fessebouc. Ah voui ce sujet est sensible pour moi, parce que la pilule du lendemain même si ce n'est pas à prendre comme moyen de contraception, c'est quand même la dernière chance de maîtriser son corps. Oui, parce qu'après si vraiment t'as fait gaffe à rien, il t'arrive un numéro 2 surprise, et là ça devient autre chose! Mais je crois que tu sais aussi bien que moi de quoi je parle...

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

On en discute ?