Histoire d'un amour déçu

Aujourd'hui, je vais revenir sur mon pavé de lundi, je sais, je n'ai pas à me justifier, après tout c'est mon blog. Mais il est vrai qu'il était très virulent et que certaines personnes ont pu être surprises car peu habituées d'une telle virulence sur ce blog ...

Je ne cherchais pas à créer la polémique, je voulais juste lâcher un peu de mon agacement vis-à-vis de l'attitude de certaines personnes que je côtoie au quotidien dans mon travail. Je n'ai pris aucune peine d'explication préalable car et d'une, c'était un coup d'humeur, et de deux, j'avais déjà fait un billet sur le sujet (il y a 6 mois) qui, à mon sens, expliquait. C'était une suite de ce billet (il est , si vous ne l'avez pas lu) et, dans ma petite tête de piaf, je n'allais être lue que par les copines et je n'allais pas les saouler encore une fois sur la différence entre écologie et écologisme ...

Sauf qu'entre temps, le blog a pris de l'importance, de nouvelles personnes sont arrivées et, surtout, mon billet a été publié en Une sur Hellocoton, d'où le tournant que ça a pris !

Alors je vais vous livrer cette histoire entre moi et l'écologie.

Ça a commencé tôt. A 8-10 ans, je ne voulais pas qu'on construise une route dans ma rivière, ça allait l'abimer et puis les voitures, ça pollue, il fallait se déplacer à cheval.

A 20 ans, j'orientais mes études en écologie. J'étudiais les interactions entre les différentes espèces animales et végétales dans les écosystèmes. Mes professeurs avaient comparé l'ADN des derniers ours pyrénéens à ceux des autres ours européens dans le cadre de la réintroduction de l'ours. Ils faisaient également les expertises génétiques en cas d'attaque dans les alpages pour savoir si c'était un loup ou un chien qui s'en été pris au troupeau.

A 22 ans, je me confrontais aux écolos et je commençais à déchanter grave, à comprendre pourquoi on ricanait quand je parlais de protection de la planète. Ça a commencé lors d'un stage au sein d'une association locale de défense des oiseaux par le responsable de la campagne "busard" qui faisait n'importe quoi, déplaçait des nids qui ne nécessitaient pas le déplacement, nous disait de nous cacher plutôt que de communiquer avec les agriculteurs et leur mentait honteusement même lorsqu'ils étaient intéressés par notre travail et ne demandaient qu'à nous aider.

Ça continuait quelques mois plus tard alors que je tenais le stand de l'association au panda dans une foire bio/écolo. Un type passe devant le stand, s'arrête devant les magasines, les regarde puis me dit qu'il est favorable à la disparition du tigre et des autres prédateurs parce que ce ne sont que des vilains qui mangent des pauvres herbivores sans défense. J'ai essayé de lui expliquer qu'il fallait des prédateurs pour l'équilibre des écosystèmes. La réponse, butée, fut cinglante "vous avez bien retenu votre leçon". Oui, j'ai bien retenu ma leçon : c'est le thème des études que je fais (abruti) (je me suis abstenue de lui sortir le "abruti") et je vois bien les ravages de l'absence de prédateurs dans mes Alpes sur les populations de chamois !

J'ai pourtant continué à être l'écolo de base, basique de la famille. J'achetais bio, équitable, me déplaçais à vélo, prenais le train, lavais avec des noix de lavage ... je faisais des "vélorutions" pour demander plus de place pour les vélos en ville.

J'ai cherché du travail dans l'environnement et j'en ai trouvé dans un service environnement. Et là, ça a été summum. J'ai des collègues qui te font la morale, qui s'affichent écolos, qui placardent des affiches pour le vélo en ville et tout le reste et, dans le même temps, font leur travail par dessus la jambe.

Alors, oui, j'ai les boules et, parfois je deviens violente. Parce qu'avec ces personnes, je passe pour une anti-écolo parce que j'utilise des couches jetables, prends la péridurale pour accoucher (c'est dans la mouvance retour à la nature de ne pas prendre la péridurale), fais vacciner ma gamine (je n'attaque personne quand je dis ça mais c'est toujours dans la mouvance "retour à la nature"), prends ma voiture, ne vais pas faire mes courses à la supérette bio du coin. Oui, mais dans le même temps, je suis vigilante sur les stations d'épuration, je préfère un rejet en rivière (même si le dysfonctionnement est beaucoup plus visible rapidement), au rejet en mer (on mettra plus de temps à s'en apercevoir du dysfonctionnement et par conséquent les dégâts seront plus importants à long terme), je fais bouger les choses en faisant des courriers saignants ou en mettant des PV, je suis vigilante sur mes dossiers

J'arrête là la liste car elle est longue. Vous l'aurez compris : ce n'est pas la charge d'un industriel anti-écolo forcené mais celle d'une déçue des écolos. Et, parfois, ça peut être tout aussi violent !

 

Commentaires

  1. Ton txe est parfaitement compréhensible. Je ressens parfois la même chose chez les feministes. Je ne me reconnais pas dans les chiennes de garde qui se battent contre les femmes objets des magasine en laissant de coté les nouvelles "modes" et autres bourrages de crane du "femmes au foyer pour voir grandir ses enfants" alors que personnes ne se posent la question de savoir pourquoi les hommes ne prennent pas ce temps, eux. Oui parfois in a des convictions mais on ne se reconnait pas dans la mouvance qui l'accompagne... Mais il ne faut pas abandonner parce qu'on n'est pas tout seul... Juste on fait moins de bruit

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    1. je suis à 100% d'accord avec toi, j'ai du mal avec ceux qui se trompent de combat et qui au final dessert la cause !

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    2. C'est vrai que les féministes feraient mieux d'être plus vigilantes sur ces modes actuelles ! C'est super dangereux.

      Ce sont deux problèmes qui se rejoignent car cette mode du retour à la maison des mères est liée à la mode de l'écologie (car oui, j'estime que pour beaucoup, c'est une mode)

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  2. Vous me faites penser à ces intellectuels qui adorent les films culte (genre La Règle du Jeu ou les chefs-d'oeuvre d'Almodovar) mais qui détestent ceux qui les aiment aussi ;-)

    Pour l'écologie ou le féminisme c'est la même chose, vous voulez défendre des causes mais vous n'aimez pas ceux qui les défendent aussi, à leur manière.

    Ta déception des écologistes est aussi la perte de l'illusion de tes 20 ans. C'est comme ça. On passe - presque - tous par là. Bienvenue dans le monde réel ;-)

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    1. c'est en effet peut-être la perte d'illusions mais ce n'est pas pour autant qu'il ne faut pas dénoncer ce qui nous semble aberrant, sinon dans ce cas, on ne dit plus rien, on ne fait plus rien, on se laisse porter et tout fout le camp !

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    2. C'est fou quand même que sous pretexte que l'on défende une cause on doit tout accepter de ceux qui dise défendre la même cause. Non, je ne me reconnais pas dans les chiennes de garde qui à mon sens donnent une vision hsterique du féminisme, non, je ne reconnait pas les écologiste bobos, qui veulent manger bio et qui pour ça font des km en voiture pour aller au biocoop à 35 km, non, je ne me reconnait pas dans ces intégristes catho, qui refusent l'homosexualité, les femmes aux pouvoirs et l'avortement, malgré mes croyance. Ces gens là quoi que tu en dise desservent leurs causes et donnent une mauvaise image de tout ceux qui se battent vraiment. Et ça n'a rien à voir avec ceux qui aiment Almodovar car ils ont une vraies incidence sur le développement de notre société

      Mowgouaille

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    3. Je n'ai pas dit qu'il fallait tout accepter, mais je pense qu'il faut savoir s'écouter. À fortiori quand on partage des idées communes.

      Les gens qui se déchirent dans un même camp font plus de tort à leur cause que les idées extrêmes que tu évoques. Et c'est d'ailleurs assez français comme comportement. Il n'y a qu'à voir ce que ça donne au niveau de l'écologie justement ou au niveau du syndicalisme (pour changer un peu du féminisme). Ça ne se passe pas comme ça dans d'autres pays (par exemple en Allemagne, dans les pays nordiques) alors que je suis persuadé qu'il y a les mêmes proportions d'imbéciles qu'ici.

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    4. Je suis désolée mais je peux discuté avec les gens ouverts et tolérants pas avec ceux qui rendent ma cause indéfendable... Tu ne peux pas dire que les donneurs de leçon du premier post de Catwoman soient des personnes ouvertes. Je ne défends pas la même cause qu'eux voilà tout.

      Je suis syndiquée et je t'avoue que je ne me sens pas proche de ceux qui parlemente avec les patrons contre des avantages pour LEURS syndicats contre une relâche des droits du travail. C'est pareil, je ne me sens pas dans le même camps que ceux là. Parce qu'on ne parle pas de défendre la même cause là, on parle des déviances et de connaître la cause que l'on défend. Et pour ta gouverne, je suis particulièrement bien placé pour te dire que les pays que tu cite en exemple n'ont pas le même genre de problème car ce sont des pays qui historiquement n'ont pas la culture de la révolte et de la négociation.... (oui, pas de bol, j'ai des origines Allemandes, Italienne et Suédoise...)

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    5. Oui, certainement la perte de mes illusions. Surtout la déception de voir mes convictions reprises par une mode, parce que je ressens cette frénésie pour l'écologie comme une mode qui passera comme elle est venue.

      Après, qu'est ce qui fait le plus de mal aux causes qu'on défend ? De s'entre-déchirer (certes, ça n'arrange pas) ou les excès de certains qui rendent nos causes risibles aux yeux des autres) ? Parce que sur le syndicalisme, j'en aurais beaucoup à dire aussi ...

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  3. je te comprends que tu aies eu besoin de t'expliquer car perso je suis comme toi, je déteste les injustices et particulièrement quand il s'agit de remarques déplacées car tt simplement les gens ont lu ton billet en diagonale ou sans vouloir vraiment comprendre le fond de ta pensée qui n'était pas de fustiger ceux qui mettent des couches lavables à leur gosses ou qui vt au biocoop mais ceux qui le font pr se donner bonne conscience ou qui n'assument pas leurs contradictions ! et perso je suis super contente de ton billet car comme ça j'en sais + sur toi et tu me plais encore + ! merci

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    1. Merci à toi pour ton commentaire.

      Pour mon billet de l'autre jour, c'est l'inconvénient de Hellocoton et de passer en Une ;-)

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