Une journée normale

*Ce billet n'est là ni pour faire pleurer dans les chaumières (il n'y a d'ailleurs pas de quoi ...), ni pour narguer. Il doit être pris simplement comme un témoignage de ce que peut être une journée de travail quand on est fonctionnaire.*

Je ne parle pas souvent de mon travail parce que je suis soumise à un certain devoir de réserve, comme tout fonctionnaire. Je ne peux pas en parler dans le détail parce que certains dossiers sont sensibles. Mais je peux quand même décrire dans les grandes lignes ce que je fais.

Comme je l'ai déjà évoqué il y a quelques temps (le billet est ICI), je travaille dans un domaine méga-glamour qui fait rêver tous les jeunes qui se lancent dans l'environnement : l'assainissement et les stations d'épuration. Pas glamour ni très agréable niveau odeurs (quoiqu'on a fait beaucoup de progrès ces derniers temps de ce côté ci) mais essentiel.

Comme dans tout métier plutôt technique, je suis amenée à me déplacer sur le terrain (je l'évoquais hier soir, non sans un léger humour) très régulièrement. Il en va de ma crédibilité en tant que femme dans un milieu d'hommes mais aussi en tant que fonctionnaire d’État dans un monde de collectivités territoriales, surtout ici. Aujourd'hui était une journée classique de terrain moyenne, dans un département touristique aux routes ultra-sinueuses.

Nous sommes donc partis à 8h ce matin de la Capitale pour aller dans l'Extrême Sud. 5 minutes plus tard, nous avons choisi la route "no stress", "légèrement" plus sinueuse que la route classique mais nettement moins encombrée.

Nous arrivons un peu après 10h30 sur la station d'épuration, avons fait un tour rapide, histoire de vérifier que tout va bien : pas d'incident non communiqué (je suis une fois tombée sur une station où les tomates poussaient dans le bassin suite à un incident technique qui ne nous avait pas été communiqué, on nous a dit ce jour-là que l'accident avait eu lieu moins d'une semaine avant, mon œil !), un fonctionnement correct et les travaux réclamés depuis plus de 18 mois avaient débuté. Une réunion a suivi.

Nous en sommes sortis vers midi et demi puis nous sommes rendus vers le lieu du rendez-vous suivant. 

Nous prenons ensuite 1/4 h à tout casser pour manger sur une plage :

Finalement, heureusement, je n'avais pas mon maillot : j'aurais regretté de ne pas pouvoir en profiter
Puis nous sommes allés effectuer le contrôle prévu sur une zone humide ultra-protégée au plan environnemental :

Sympa non ?
On fait quelques photos, on discute avec un des propriétaires et prend quelques notes puis on repart. Il y a de la route et du touriste, pas trop le temps de s'attarder non plus.

Sur le chemin du retour, nous croisons la route d'une tortue d'Hermann qui joue sa star avec deux touristes et leur expliquons qu'il s'agit d'une espèce protégée et l'interdiction qu'il existe de la ramener :


Voilà, une journée normale. J'en ai eu de plus cools mais aussi des plus difficiles : plus tendues, plus longues, plus tout.

Bref, tout ça pour dire qu'être fonctionnaire, c'est quand même un sacerdoce : il faut avoir la foi dans le service public pour ne pas profiter d'une aussi belle plage et s'y arrêter seulement 10 minutes, nom di diou !

Commentaires

  1. on échange ? moi j'ai un mur qui me sépare de la mer ! je ne la vois pas ... la ruelle est tellement étroite que j ene vois quasi pas le ciel ... j'ai l'impression d'être enfermée dehors alors que j'ai une boutique sur un des sites les plus beaux de france ! no client à l'horizon, je me bouffe les doigts tellement on n'a plus de fric qui rentre et les factures qui s'accumulent ... mais j en'ai pas le droit de me plaindre quand je n'ai que des relances rsi et urssaf car notre job on l'a choisi sauf que là il va vraiment falloir que je trouve du boulot ailleurs je pense (enfin si il en reste un !) et surtt ne pas culpabiliser et regretter notre voyage aux seychelles ! d'un autre côté je me dis qu'heureusement on l'a fait ça se trouve on ne repartira plus jamais ! oui je suis optimiste ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'espère ne pas t'avoir froissée.

      Je suis désolée, je n'échangerai pas mon travail contre le tien : je ne pourrais pas être commerçante et ne pas savoir de quoi demain sera fait. Pour tes vacances aux Seychelles, ne regrette pas : tu étais contente de partir, ça t'a fait du bien.

      Si tu veux, demain, je vais voir une station pourrie qui explose tous les taux en H2S (gaz super toxique), je peux raconter aussi mais ce sera moins glamour !

      Supprimer
  2. tiens... moi c'est ma plage du weekend... ou ça y ressemble... bon j'en ai une à 5 minutes de la maison... mais l'eau n'y est pas turquoise... on devient exigent à force! ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est vrai qu'on devient très exigent !

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

On en discute ?