Sur le fil du rasoir

Il est dans son lit, il braille à réveiller les morts (qui vont se dire qu'il doit être l'heure de voter). Il a fini de manger il n'y a pas longtemps, il a les fesses propres et il braille. J'ai tout essayé : le câliner, jouer avec lui, chanter, sa boite à musique. Rien n'y fait, il braille.

Il est dans son lit, avec ses berceuses, et il braille. Et moi, je n'ai qu'une envie lui hurler dessus de se la fermer.

Je me mords la lèvre.

Je pleure. Il dormait si bien dans mes bras. Je n'aurais pas dû avoir l'outrecuidance de vouloir manger (à pratiquement 2 h, je pouvais bien m'en passer : il dormait si bien !).

Il est pourtant adorable et 99 % du temps super facile. Mais il y a des moments comme ça où non, rien n'y fait à part le sein. Je ne suis pas une sucette géante et je ne peux même pas dire de sortir : il fait mauvais.

Mais qu'il la ferme ! J'en peux plus. Je vais avoir une parole malheureuse que je vais regretter en la disant.



J'ai commencé cet article dans l'après midi et je l'ai arrêté au moment où j'ai fini par crier à travers la maison de se taire puis par partir en courant à l'étage au dessus finir d'éclater en sanglots. J'ai pleuré encore et encore puis je suis redescendue en larmes. Je l'ai pris dans mes bras.

Il a commencé à se calmer. Moi pas. Je pleurais, je lui demandais pardon, lui disais que je l'aimais très très fort et, plus ça allait, moins ça allait et plus je pleurais. Je m'en voulais de gâcher comme ça cette dernière journée rien que tous les deux. 


Et puis nous nous sommes installés sur le canapé, il a repris sa tétée. Et petit à petit, lovés l'un contre l'autre, nous nous sommes calmés. Petit à petit, je me suis raisonnée et me suis rendue compte qu'il n'avait pas passé la journée à crier, juste une grosse demie heure. Il m'a même bien faite marrer dans la matinée avec une de ses nouvelles mimiques.

Mais voilà, c'est arrivé après que sa sœur se soit cassée la g*** dans les escaliers (et que je me sois lourdement interrogée sur le mieux à faire : école ou urgences), après que j'aie failli me viander en voiture parce que je m'endormais au volant, après m'être faite engueuler par la sage-femme parce que je le changeais au début de la séance (alors qu'il faut prévoir de faire ça en avance) (ben oui mais ce matin, il fallait que je choisisse entre soigner mon ainée et changer les fesses de mon petit, 1 h avant le rendez-vous, et après j'étais en retard pour tout).

Je n'ai pas écrit cet article pour me faire plaindre ou quoi que ce soit, juste pour lâcher des mots et essayer d'évacuer toute cette souffrance. Je suis à mi-chemin entre le soulagement de reprendre le boulot (et enfin faire et voir autre chose) et la culpabilité de laisser mon tout-petit. Après, je n'aurai plus de tête à tête avec lui et ça me fait mal.

Commentaires

  1. Juste gros bisous, pensées affectueuses.
    Je pense que tes mots résonneront dans la têtes de beaucoup de mère.
    Prends bien soin de toi.
    Bises

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  2. Ça nous arrive à toute, tu as su prendre sur toi. Les pensées ne font que de toi un être humain normal.
    Le coup de la sucette géante, combien de fois je me la suis faite... moi le truc que je me dis, lorsque j'ai fait l'élimination de tout ce qui pourrait le faire pleurer (couche/faim/fatigue...) j'en conclus qu'il a peut être tout simplement mal quelque part, comme un mal de crâne par exemple. Et à part pleurer, un bébé ça ne peut pas montrer son mal-être autrement. Généralement ça fonctionne.

    Enfin bref, ce que je veux dire dans tout ça, c'est que si je ne trouve pas de raison apparente, je me dis ça dans ma tête. Et moi, ça me calme. M'a fallu du temps pour trouver cette parade mais ça m'a soulagé.

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  3. Oh comme je comprends...
    J'ai eu moi aussi une journée difficile hier, un peu du même genre, je devrais le raconter tiens. Et j'ai aussi beaucoup pleuré .
    Moi je t'envoie un gros bisou d'amitié de blogueuse et du courage! Bonnes fêtes!
    Sophia

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  4. Mon blog m'a servi à ça pendant 3 ans... Les journées sont mauvaises avec des tout petits.... C'est dur et fatigants et la sage-femme doit bien mal connaitre son métier pour ne pas remarquer que tu craques... En plus moi je trouve que tu t'en sort vachement bien, tu parles tu réagis tu analyses... J'en faisais pas autant!!!! Et je n'en avait qu'un.

    L'autre jours, alors qu’Éloïse a trois ans, j'ai hurler moi aussi pour relâcher la pression, alors tu vois... Je sais ça ne console pas... Mais dis toi que tu t'en sort superbement bien!

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  5. juste des bisous... et pis je trouve cela très bien que tu aies pu évacuer en écrivant...

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  6. ♥♥♥ Je viens de lire ton article que tu as très bien fait d'écrire....

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  7. Un article qui résonne en moi, la fatigue liés au pleures d'enfants, c'est juste insupportable ! ça ferait craquer le plus courageux des humains ça ^^
    J'espère que tu vas réussir à t oxygéner un peu pour être plus à l'aise avec cette nouvelle année!
    Courage et bonne année

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  8. Gloups.
    Ca me rappelle tellement certains de mes articles : Je suis démunie / Bébé imprévisible / Les jours se suivent et...
    Courage! Courage ! Zen !
    Que dire de plus. On a toutes des façons différentes de vivre ces moments !

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  9. J'ai pété un gros câble aujourd'hui, à base de "je ne les supporte plus", ils ne font que des conneries, exprès pour me faire chier, ils braillent tout le temps, etc... J'ai dit des paroles que je regrette maintenant, mais c'est comme ça, on est aussi des êtres humains qui peuvent déraper sous la fatigue des nerfs.
    Bises

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    1. La semaine dernière, j'ai pété un câble après la grande : je ne pouvais plus lui parler, j'avais même du mal à la regarder, tellement elle m'avait emm*** toute la matinée ... Ça a duré 1 h ou 2, une éternité, j'avais les glandes d'en arriver à ce stade mais je ne pouvais plus.

      Des fois, c'est quand même dur d'être mère !

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