Prête à tout accepter pour leur bonheur ?

Je dis souvent que ce qui compte pour moi, en parlant de mes enfants, c'est leur bonheur et que peu m'importe comment ils le trouveront.

Quand j'énonce cette vérité, la plupart du temps, il s'agit de leur orientation sexuelle. Là dessus, je m'estime assez ouverte d'esprit et je pense que, même si ça me ferait sûrement bizarre au début, je ne trouverais rien à redire à une éventuelle homosexualité.

Mais ce midi, je lisais cet article et je me suis mise à maugréer (encore une qui n'a rien compris, encore une qui crache sur les féministes). Je l'ai lu, me suis mise à la place de la grand-mère de cette femme le temps de ma lecture puis j'ai oublié, prise par mon travail. J'y ai repensé ce soir en rentrant (en fait, les trajets domicile-travail sont le seul vrai moment de ma journée propices à la réflexion ... ça fait peu de temps quand on y pense) et j'ai pensé aussi au superbe pavé de ma copine Mowgouaille.

Et là, je me suis demandé : Serais-je prête à accepter que l'un ou l'autre de mes enfants se plonge à corps perdu dans une quelconque religion ? Serais je prête à accepter que ma fille ou mon fils décide d'être parent au foyer ?

Clairement ? Je ne sais pas et je ne souhaite pas être confrontée un jour à l'une ou l'autre de ces questions. J'ai des opinions très tranchées sur le sujet. Des cars de CRS dans la tête ... c'est sûr.

Je suis athée. En tant qu'athée, j'ai déjà énormément de mal à comprendre qu'on puisse croire en un quelconque dieu. Mais aussi, et là, je ne vais pas me faire que des ami(e)s, en tant qu'athée j'ai une légère tendance (malsaine ?) à penser que les religions, appliquées à la lettre, sont porteuses de régressions sociales, portent en elles (surtout les 3 monothéistes), la discrimination, la haine de la femme et l'inégalité entre hommes et femmes.
La religion est l'opium du peuple ... Une religion est une secte qui a réussi ... Ce sont des phrases qui collent parfaitement à ma façon de penser.
Sachant ça, comment pourrais-je accepter que mes enfants, sans aller jusqu'à les envisager intégristes/fanatiques, puissent épouser une religion corps et âme ? Serais-je capable, comme certains parents apprenant l'homosexualité de leur enfant, de les jeter à la porte ? Est ce que je tenterais tous les jours de les convaincre qu'ils se fourvoient jusqu'à tant que, soit ils cèdent (et là, qu'elle serait ma victoire ? serais-je vraiment heureuse ?), soit ils coupent définitivement les ponts (encore plus enfermés dans leur erreur ?) ?
Ça reflète bien le fond de ma pensée
Pour ce qui est d'être parent au foyer, ma réaction ne serait certainement pas aussi violente mais pour moi, l'argent qu'on dépense, on l'a gagné en travaillant (c'est bien pour ça que je n'ai jamais acheté un seul billet de loto). Ce n'est pas que je considère que les parents au foyer soient inactifs (bien au contraire) mais je ne vois pas de raison qu'il n'y en ait qu'un des deux qui parte au travail et qu'un salaire assure l'indépendance  ... Je pense que si mon fils ou ma fille décidait de rester à la maison pour s'occuper des enfants, l'un comme l'autre aurait droit à de longs discours moralisateurs, même si c'est comme ça qu'il/elle est heureux(se).

Et si on essayait pour leur bonheur, malgré nos convictions les plus profondes ?

Commentaires

  1. C'est un peu trash mais comme on dit dans ma famille: "plutôt PD que curé!"
    Je crois que je serais plus que verte qu'un de mes enfants soit croyant. C'est pas très tolérant mais je crois que je me dirais que j'ai foiré quelque part. J'ai déjà pas fait baptiser mes mômes! Homme au foyer? Mon chéri aurait bien voulu, mais on n'avait pas les moyens. Il aurait voulu s'occuper des enfants, de la maison, faire la cuisine, le linge et le ménage, son potager et son bricolage. (oui mon homme est un extra-terrestre). C'est clair que je préférerais qu'ils soient indépendants quand même. Mais la religion, clair que j'aurais du mal à l'encaisser!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. "Plutôt PD que curé" ... on ne dit pas ça chez moi tellement la religion est loin de nous et loin de nos préoccupations ! Mais j'aime bien.

      C'est clair que si l'un ou l'autre devenait croyant je me dirais que j'ai foiré quelque part. Tout comme si ma fille (ou mon fils) avait un enfant à 15/16 ans (j'en parle parce que je viens d'apprendre qu'une fille de cet âge au village a eu un bébé il y a 5 mois ...).
      Pour la religion, je crois que je commencerais par faire comme mon père a fait quand j'ai voulu être baptisée : qu'ils lisent d'abord la bible, le coran et la tora ... après, on en reparle !

      Et je te confirme, ton homme est un extra terrestre ;-)

      Supprimer
    2. Tu donnes un très bon exemple, avoir un enfant si jeune, je n'aimerais pas que mes fils vivent ça, j'essaierai de les éduquer au max sur la contraception à ce moment-là, mais être homo ou père à 15 ans, ben je leur souhaite d'être homos! J'ai eu des connaissances qui ont été mères à 16 ou 17 ans, je ne peux pas m'empêcher de penser que si leurs parents leur avaient parlé de sexe et de contraception au lieu de nier que ça pouvait arriver, ben elles n'en seraient pas là. Je les croise parfois dans la rue, leurs enfants ont maintenant 13 ou 14 ans, elles galèrent dans le taf: pas eu d'études, n'ont pas vécu de jeunesse: elles changeaient les couches à 19 ans au lieu d'avoir une vie sociale.
      Nan c'est clair, à choisir, je préfère qu'ils me présentent un jour un petit copain!

      Supprimer
    3. Oui, je ne souhaite ça ni à mon fils ni à ma fille. C'est en discutant de ça qu'on se rend compte de la lourde tâche qui nous attend ...

      Supprimer
  2. Je ne comprends pas, pourquoi devraient-ils avoir droit l'un ou l'autre à un discours moralisateur? Puisque si pour eux c'est leur choix de vie, où est la nécessité de lui faire la morale?
    J'imagine qu'en tant que parent, nous devons respecter les choix de nos enfants, que ce soit en terme de "métier", religion ou autre.
    Je suis d'accord pour le principe, gagner son argent pour le dépenser mais en tant que couple (du moins pour mon homme et moi) tout ce qui est à lui est à moi et inversement. Ce n'est pas juste une belle phrase. Je suis consciente que lui travaille à l'extérieur et moi à l'intérieur et que je n'ai pas de salaire mais cette décision a été prise qu'un commun accord.
    Pour ma part, je veux les voir grandir et voir leurs premières fois. Quand ils seront tous à l'école, j'envisage de prendre une activité.
    Je voudrais un mi-temps, histoire de pouvoir les emmener/ aller les chercher à l'école. Bref m'occuper d'eux quand ils ne sont pas à l'école.
    Avec un mi-temps, l'intégralité de mon salaire irait dans la nounou. Je n'en vois pas l'intérêt, autant les garder moi même.
    Surtout que je n'ai confiance en personne. Mais bon ça c'est autre chose.

    Bref, tout cela pour dire que si on me faisait de longs discours de morale sur mes choix de vie, je finirais par me fâcher et à devoir ignorer ces personnes. Cela a failli se produire avec mon frangin parce qu'il ne respectait pas mes choix et me blâmait à chaque fois qu'il en avait l'occasion.

    RépondreSupprimer
  3. Ton article est très intéressant !
    Toutefois l'homosexualité et la religion ne sont pas sur le même plan ! L'homosexualité on ne la choisit pas, et elle n'est pas le résultat de l'éducation, tandis que la religion, si ! Je ne vois pas pourquoi tes enfants se plongeraient corps et âme dans la religion avec une éducation athée mais ouverte.
    Mais un athéisme forcené et un peu trop intolérant risquerait dans une éventuelle phase de rejet de l'autorité parentale, etc. de conduire justement à cette religion honnie... La religion il faut en parler comme un fait de société tout simplement. Et puis il y a religion et religion (entre islam et islamisme, catholicisme et catholicisme intégriste, il y a souvent un monde !)... Enfin je suis tout de même complètement d'accord avec toi !

    RépondreSupprimer
  4. pour marliou : pourquoi extra terrestre, je fais pareil et aussi les courses

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

On en discute ?