No gazaran

Alors qu'on nous ressort, sous une forme déguisée, la fameuse taxe carbone (en nous promettant que nous ne payerons rien) (et mon cul, c'est du poulet ???) qui plait tant aux verdâtres et qui donne l'impression qu'on s'occupe d'écologie et de travailler à la diminution des gaz à effet de serre, qui donc revient par la petite porte ?

Je vous le donne en mille : les gaz de schiste !

Entre l'inutile montebourde qui nous fait croire qu'il est criminel pour l'économie française de se passer du gaz de schiste. Entre Hollande dont une des directrices de cabinet est l'épouse du patron de Vallourec, directement intéressé par les gaz de schiste. Entre le Conseil constitutionnel qui a été saisi sur la question de la fracturation hydraulique. Entre un rapport d’expertise concernant le permis de recherche des hydrocarbures du bassin d’Alès, rédigé par M. Deroin qui conseille de pratiquer l’étude sismique. Entre, entre, entre ...
Tout montre que ces p*** de gaz de schistes reviennent par la petite porte ...
Et, honnêtement, ça me gonfle au plus haut point  !
Ça me gonfle parce que de nombreuses études et rapports montrent que la manne économique n'est pas celle qu'on nous vend :
  • Depuis le temps qu'ils sont extraits aux États-Unis, on commence à avoir un retour d'expérience et celle-ci n'est pas aussi miraculeuse que ce qu'on veut bien nous faire croire. Ainsi, on nous rebat les oreilles avec plus de 600.000 emplois créés grâce à cette filière aux États-Unis. Alors pourquoi se priver d'une telle manne alors que le taux de chômage en France atteint des records ? Tout simplement parce qu'au vu, justement de l'expérience américaine, il apparaît que la durabilité de cette énergie est très hypothétique. Ainsi, les puits fournissent en moyenne 80 % de leur production totale les deux premières années puis s’épuisent inexorablement, appelant le forage de milliers d’autres puits chaque année, demandant des investissements massifs sans aucun bénéfice de long terme et mettant donc les exploitants dans une situation d’endettement permanent. Ainsi, grosso modo, pour créer les 100.000 emplois promis, il faudrait forer 90.000 puits ... et on ne peut être sûr de la possible production de gaz qu'une fois foré.
  • L'indépendance énergétique, toujours au vu de l'expérience américaine, est un leurre. Une fois que la partie la plus facilement exploitable a été extraite, il faut creuser de plus en plus profond ... Au bout du compte, on brûle 1 baril de pétrole ou de gaz pour en produire un seul ... 
  • Les gains pour l'économie française seraient nuls : contrairement aux USA, nous avons des contrats à terme il est donc difficilement envisageable de les renégocier pour faire baisser le prix.
  • Il n'y a pas d'alternative à la fracturation hydraulique et ils n'en cherchent pas.
  • Les faibles coûts américains ne sont absolument pas transposables en France et en Europe : les routes ne sont pas adaptées au transport du matériel pour le forage, absence de réseau d'oléoducs, etc.
Ça me gonfle aussi parce que les coûts environnementaux sont énormes :
  • Pollution certaine des nappes phréatiques.
  • Consommation faramineuse d'eau (7 à 15 000 m3 d'eau pour chaque extraction) alors qu'avec les changements climatiques, sa disponibilité pour la consommation humaine s'amenuise de jour en jour.
  • Pollution atmosphérique (à la sortie du puits : CO2, NOx et autres gaz à effet de serre).
  • Tremblements de terre.
Je continue ? Il me semble que c'est assez parlant : les retombées avantageuses sur l'économie sont très mal connues mais très probablement particulièrement faibles par contre, dans un  pays comme la France qui vit du tourisme, le coût des gaz de schiste me semble important ...

Et si la France, pour une fois, au lieu de suivre le troupeau en faisant les conneries avec un temps de retard, se démarquait et opérait une véritable transition écologique loin des foutues taxes ? Je suis sure et certaine que l'écologie peut être génératrice d'emploi et très certainement d’innovation, encore faut-il le vouloir !

Entre autres sources :
Gard : en Cévennes, des forages pétroliers se précisent
Thomas Porcher, économiste : « le gaz de schiste ne crée pas d'emplois »

Commentaires

  1. Coucou!!
    Billet très intéressant et argumenté!
    A jouer les apprentis sorciers avec la nature, celle-ci va se retourner contre nous...cela a déjà commencé...
    Pour un profit immédiat, les politiques et les industriels sont prêts à tout sacrifier...notre santé, notre environnement, nos vies quoi.
    On en parle moins mais l'extraction des gaz de schiste est une catastrophe écologique en puissance...pour une fois, ne faisons pas comme les Etats-Unis...réfléchissons avant qu'il ne soit trop tard!!

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    1. Salut,
      Tu vois, je suis capable d'écrire des articles écolos ;-)

      Bon, sérieusement, merci pour le compliment ... et en effet, ce serait bien que pour une fois, on ne suive pas le mauvais exemple ricain ...

      Bises

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