J'ai mal à ma liberté

La semaine dernière, quand j'ai écrit mon dernier article avant de mettre en veille le blog, je voulais parler de mes origines. Rappeler d'où je venais comme un étendard. Un étendard qui justifierait mon engagement dans la lutte contre le racisme.

Et puis, je me suis dit : qu'importent mes origines, qu'importent ma couleur de peau et mon nom, ce n'est pas là le problème. Tout ça n'a rien à faire dans un billet dénonçant le racisme. Pire, j'ai parfois l'impression que ça veut dire "moi, je suis autorisé(e) à en parler", je suis légitime dans ce combat ...

Parce que j'ai des origines ritales, je suis plus légitime que toi qui est 100 % gaulois(e) pour le dénoncer ? Ou alors, moi, gaulois(e), je me permets de dénoncer le racisme parce-que tous les autres, ils sont plus ou moins parti pris ...

C'est l'impression que ça me donne au final. Et, à la réflexion, j'ai le sentiment qu'en faisant ça, on rentre dans le jeu des racistes.

Au final qu'est-ce qu'on en a à foutre que mon arrière-grand père ait fui les Camiscie Nere de Mussolini dans les années 1920 ? Qu'est-ce qu'on en a à foutre que d'autres de mes arrières grands-parents aient été résistants dans les années 40 ? Là n'est pas le problème : c'est le passé. Le problème est, désolée de le dire : aujourd'hui, qu'est-ce que, moi, je fais pour éviter que l'extrême droite ne revienne en France ?
Non pas que je renie le passé ; non pas que je ne sois pas fière de ce qu'ont fait en d'autres temps mes arrières grands-parents. Juste que je trouve terriblement réducteur de se rapporter à ce qu'ont fait nos aïeuls et ne nous laisse aucune marche de manœuvre. C'est aussi, dans un certain sens, condamner les allemands à être des nazies pour combien de générations encore.

Alors, voilà, je le dis : je dénonce le racisme et combats l'extrême droite tout simplement parce que je suis un être humain qui juge que la haine de l'autre n'est pas un projet de société valable et que je ne veux pas que mes enfants grandissent dans un tel monde ...


La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. Article 1er de la Constitution française.

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