De la difficile utilisation d'Internet

Depuis le temps que je blogue, et encore plus maintenant que j'ai rejoint le bouc, je me rends compte qu'Internet est un véritable lien de communication. Un formidable outil pour rencontrer du monde, se faire des amitiés qui parfois dépassent la frontière du virtuel et deviennent réelles mais aussi pour garder le contact.

Je le confesse : je préfère envoyer un mail ou un message privé sur facebook aux amies que d'essayer de téléphoner ... Avec le téléphone, j'ai toujours peur de déranger : les autres ne sont pas forcément réceptifs quand moi je le suis, et vice versailles.

Pourtant, plus ça va, plus je suis persuadée que nous n'utilisons pas cet outil comme il faut. Que nous avons finalement un temps de retard et que nous communiquons avec les gens à l'écrit comme si nous étions à l'oral, face à face ou même, via un téléphone.

Et c'est une très grosse erreur. A mon sens.

En effet, on pose des vérités à l'écrit. Nos vérités, certes, mais qui arrivent en pleine face de notre interlocuteur, sans que cela soit les siennes et sans que l'on sache comment il va réagir. Et d'ailleurs, on s'en moque presque. On a dit ce que nous pensions. L'autre est face à un écrit, avec ses humeurs du moment, il va le prendre d'une manière particulière, s'exprimer dessus, avec son ressenti de l'instant présent. 

On est dans la rapidité, la spontanéité, l'absence de réflexion, parfois aussi. On ne prend pas forcément le temps de développer, d'expliquer notre point de vue. On reste sur nos positions, on a toujours, à portée de main sur Internet, un article, une image, quelqu'un ou quelque chose qui va dans notre sens. Nous avons donc raison.

Les paroles s'envolent, s'édulcorent avec un son de voix, une intonation, un sourire ou autre. Les écrits restent, et c'est bien là le drame.

Les écrits restent.

Encore, serions-nous obligés de nous poser devant un ordinateur pour consulter nos messages, les commentaires à nos statuts ou les réponses des autres, cela se passerait certainement différemment. Mais non, nous avons quasiment tous, désormais, des téléphones qui nous permettent de faire cela à toute heure du jour et de la nuit, même quand nous ne sommes pas disponibles pour (après une prise de bec bien réelle, entre deux couches, ou autre joyeuseté ...).

Et si nous prenions le temps de réfléchir à ce qu'on écrit ? Et si nous prenions le temps de lire/écouter nos interlocuteurs avant de nous emporter ? Et si nous arrêtions de penser que nous détenons LA vérité et pas l'autre ?

Mais sommes nous vraiment prêts à nous remettre en question ?


Commentaires

  1. Tellement d'accord... Et pourtant moi aussi je suis dans ce travers! Mais s'en rendre compte c'est déjà un grand pas non?

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    1. Tu sais, si j'ai écrit cet article, c'est que j'y suis bien dans ce travers !!!

      On va dire que nous avons déjà fait un grand pas ;)

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  2. Réflexion très intéressante... On communique de plus en plus par écrit, et pourtant ce n'est pas du tout la même communication qu'à l'oral... On dit des choses à l'écrit qu'on n'oserait pas dire à l'oral, et ça peut changer les rapports qu'on entretient avec l'autre, ou même tout simplement se changer soi en perdant l'habitude de savoir comment communiquer et s'exprimer vraiment à l'oral...

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    1. C'est tout à fait cela : on se permet des choses à l'écrit que nous n'oserions pas à l'oral !

      Et oui, nous perdons l'habitude de communiquer comme il faut !

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  3. Très pertinent comme réflexion. Je suis très soucieuse de la portée de mes écrits, ce qui donne un peu l'impression d'être une girouette :) Je n'aime pas la mauvaise foi, s'obstiner sur ses idées sans écouter un peu l'autre. C'est pour ca que je pense que des désaccords à l'écrit n'auront jamais lieu à l'oral en face de la personne, là où on a plus de moyens d'expression.
    Enfin bon pour moi m'exprimer à l'écrit n'est pas facile..

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