Quand la louve sort les crocs

Hier, un 2 novembre, sur une idée originale de Batgirl, nous sommes allés à la plage nous baigner. Je précise bien que l'idée était de ma fille, fraichement rentrée de vacances, qui m'a dit : "l'hiver va bientôt arriver, il faut qu'on aille à la plage tant qu'on peut !". Elle est pleine de jugeote cette enfant de 5 ans.

Le ciel était bleu, le soleil jaune et le fond de l'air doux, j'ai donc obtempéré en prévenant les 2 affreux jojos que je me réservais le droit d'interdire la baignade si jamais les conditions n'étaient pas idéales ... Oui, faut pas exagérer : à part quand je vivais en Nouvelle Calédonie, je ne me suis jamais baignée un 2 novembre et j'avais donc des doutes sur la possibilité de réaliser un tel exploit ... surtout que depuis la dernière fois, il y a eu une tempête et la mer a été brassée.

Nous arrivons à notre plage habituelle. Le ciel est toujours bleu et le soleil toujours jaune. Mais il y a 1 m de posidonies mortes sur 90 % de la plage, je me pose donc, malgré mon penchant naturel pour les grands espaces, sur les seuls 10 % restants, à moins de 5 m d'un autre groupe. Je déteste ça, surtout que la plage est vide mais j'y suis contrainte par nécessité absolue de service d'accès agréable à l'eau parce que je sens que je vais avoir du mal à les empêcher de la tester.

Nous allons nous baigner. Au premier nuage, je les sors de l'eau et les couvre. Ils seront autorisés à y retourner quand le nuage sera suffisamment éloigné du soleil pour que je n'aie pas à les faire ressortir toutes les 5 minutes (le fond de l'air est frais et ils grelottent dès que le soleil se cache). Nous allons chercher des coquillages puis ils jouent tranquillement sur le sable.


Et à ce moment là, alors que tout était parfait, survient le drame. Le groupe voisin, imbibé (j'ai vu circuler au moins une bouteille de rouge) se met à se moquer à haute et intelligible voix du prénom de ma fille. Je commence par prendre sur moi, me mordre la lèvre mais je n'arrive pas à faire fi de leurs commentaires et moqueries. 

Je finis par craquer et leur lance un fort et intelligible : "Mais fermez donc vos gueules !" (en français dans le texte) qu'ils n'apprécient pas. Nous nous engueulons parce que je leur dis que je n'apprécie que très modérément que l'on se moque du prénom de ma fille. Ils me traitent de folle qu'ils ne connaissent pas ma gamine et je finis par leur crier son prénom. Là, ils me foutent enfin la paix. J'en ai profité par me casser et par aller à l'autre bout de la plage qui finalement, en plus du fait qu'ils étaient très loin de nous, était bien mieux : pas de posidonies, plate (ce qui est rare par ici) et plein de coquillages, dont des vivants à observer.

Bref, ce fut un beau week-end, et un magnifique dimanche, hormis ce foutu quart d'heure. Malheureusement ce satané quart d'heure a réussi à le gâcher. Mon week-end est gâché parce que je n'arrête pas de me repasser le film de l'incident dans la tête.
D'un côté, je ne regrette absolument pas de leur être rentrée dans le lard : ils se moquaient du prénom d'une enfant de 5 ans qui jouait à quelques mètres d'eux, du prénom de MON enfant et je ne pouvais pas laisser passer ça. Quand il s'agit de mes enfants, je ne suis pas une gentille fille, je suis une louve qui sort les crocs.
D'un autre côté, je regrette de m'être emportée devant mes enfants qui passaient un très bon après-midi, je me demande quelle image et quel mauvais exemple je leur donne en agissant ainsi. Je pense encore et encore à tout ce que j'aurais pu dire ou faire de plus intelligent.

Et je m'énerve parce que je ressasse ça en boucle, parce que je n'arrive pas à passer à autre chose. Et je suis blessée parce que je vois que ma fille est comme moi, qu'elle aussi, elle ressasse longtemps les évènements.

Commentaires

  1. Tu as juste montré que tu étais une maman qui savait défendre ses enfants face à l'agression des adultes. Tes enfants sauront se sentir en sécurité quand tu seras là et savent (même si ce n'était plus à prouver) que tu les aimes.

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    1. Ca, c'est clair que je leur ai prouvé que je les défendrai toujours face aux adultes mais bon, les mots que j'ai pu employer, le manque de self-control, moyen faible pour l'exemple :/

      Merci pour ton petit mot ma belle

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  2. Les cons, ça ose tout.C'est même à ça qu'on les reconnait!
    (Michel Audiard) cité dans le texte par un grand acteur ...

    il a dit aussi : "J'parle pas aux cons, ça les instruit."
    mais j'avoue que on a du mal à se retenir des-fois, moi y compris devant des blaireaux pareils

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    1. Si encore on arrivait à les instruire ... ça pourrait être utile mais bon, certains cas sont désespérants.

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  3. Même si tu regrettes de t'être comporté ainsi devant tes enfants, je pense que tu as bien fait. Puisqu'ils avaient bu, est ce qu'ils auraient arrêté si tu n'avais pas haussé le ton? Tu ne peux pas garder tous tes sentiments à l'intérieur, parfois il faut que ça sorte les humains sont ainsi fait. Comme tu le dis toi même, quand ça concerne nos enfants, nous n'avons plus réellement conscience des réalités et nous emportons facilement. C'est la nature qui veut ça parce que nous sommes ainsi conçus: les mères protègent leurs petits avec férocité peu importe l'espèce non?
    De plus, la colère fait parti des sentiments humains même si ce n'est pas le plus noble. Pour conclure, je dirais que tu as réagis normalement. Si toutefois tu penses toujours avoir fait une erreur, je ne pense pas que ta fille regrettera un jour ce moment où sa maman qui l'aime et qu'elle aime, a pris sa défense. Même "juste" pour son prénom, il fait parti intégrante d'elle.
    Pour conclure, peut être les gros auraient pu être évités devant eux (et encore ^^) mais je ne vois rien d'autre qui devrait être regretté. Au contraire

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    1. Non, ils ne se seraient pas arrêté si je n'avais pas haussé le ton ... et je ne sais pas si ma fille avait remarqué avant que je ne pousse mon coup de gueule (elle jouait tranquillement mais après, elle m'a ressorti des trucs qu'ils avaient eux-même dit).

      Après, je me suis emportée "juste" pour son prénom, ça veut bien dire que je ne réfléchis plus qu'en mère quand il s'agit d'elle et qu'instinctivement, je la protègerai toujours ;) (on se rassure comme on peut !). Et oui, les mères (et les pères, dans certaines espèces) protègent leurs enfants ...

      En tout cas, merci pour ton commentaire :)

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  4. tu as donné à tes enfants l'image d'une maman qui ne se laisse pas marcher dessus, qui protège ses enfants. je trouve que c'est plutôt un bel exemple. :)

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