Je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes ... Charlie

L'information tourne en boucle dans ma tête, dans mes yeux. Je suis là, incrédule, sidérée.

C'est le bon mot, le mot juste : sidérée.

Complètement sidérée. Comme le jour du 11 septembre devant les images en boucle des attentats. Je suis à 10.000 lieux de tout ça et pourtant, je suis atteinte au plus profond de mon Être. Au plus profond de mes convictions, de mes tripes.

Il y a quelques semaines, je m'égosillais ici, seule contre tous. Je m'égosillais pour le respect et la tolérance. Je m'égosillais et m'indignais contre les amalgames.

Tu les vois venir au Triple Galop les amalgames ? Tu les vois ? Ils déboulent plein pot, à la vitesse grand V.

J'ai mal. Des noms commencent à circuler : Charb, Cabu et Wolinski. Cabu. Wolinski. Merde, pas eux, non, pas EUX. J'en ai la boule au ventre, le nœud à la gorge. Je ne pleurerai pas. Mais le cœur y est.

Charb, Cabu, Wolinski.

La Liberté. Ma liberté. Notre liberté vient aujourd'hui de prendre encore un vilain coup dans les dents ...

Parce-que oui, quoique tout le monde puisse dire. Quoiqu'en pensent certains. Quoique les tweets indignés puissent dire : la Liberté, les droits et la République viennent de prendre une grande claque dans la figure. Car, au nom de notre sécurité, nos dirigeants vont en profiter pour les restreindre encore un peu, encore une fois. Et, quand la menace sera éloignée, les restrictions ne seront pas levées ou si peu, encore une fois.

Et, comme je le disais plus haut, encore une fois, malgré les appels à l'unité, les amalgames vont se faire, encore une fois, un peu plus, plus nombreux, plus forts, plus durs. Et qui c'est qui va en profiter, encore une fois ? Je vous le donne en mille.

Bon, je vais arrêter là, les larmes sont au bord des yeux et je ne pleurerai pas. J'ai trop MAL pour ça.

Cabu

Wolinski

Et tous les autres.

Mes pensées vont vers vous en cet instant.

Charb : «Je préfère mourir debout que vivre à genoux»

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