Puis-je tout écrire ?

L'autre jour, j'ai commencé un article que j'ai stoppé net, non par syndrome de la page blanche du post qui va s'avérer inintéressant au final mais plutôt parce que je n'étais pas sure de vouloir le mettre sur la toile. Dans le même temps, j'ai temporairement effacé un billet du blog, le temps de savoir.

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Après tout, vous ne le lirez jamais ce post. Mais en fait, je me pose régulièrement des questions : qu'est-ce que je peux bien écrire ? Est-ce que je peux écrire ça ? 

Je n'ai pas un blog spécialisé dans une rubrique précise. C'est un avantage car je ne suis pas restreinte dans mes thématiques et je suis libre d'aborder ce que je veux, au fil de mes envies.

Mais par moments, ça devient également contraignant parce que je ne suis pas sure d'avoir le droit de parler de ce qui me tient à cœur. Pas libre parce que je ne suis pas sure que ça intéresse. Pas libre parce que je suis soumise à une certaine réserve par rapport à mon travail. Mais surtout, je ne me sens pas libre de peur de blesser quelqu'un.

Je blogue de façon semi-anonyme. Comment est-ce possible ? C'est simple : 3 ou 4 personnes de mon entourage connaissent le blog. Certains le fréquentent, le lisent, d'autres non. Mais dans un même temps, je n'ai pas donné l'adresse du blog à des amis ici. De peur qu'ils lisent. De peur que mes propos choquent, peut-être aussi un peu par "honte" : un blog, notamment "lifestyle" / "humeur" / "famille" (je ne sais même pas comment qualifier le mien) (il est inqualifiable) est souvent encore considéré comme de l'exhibitionnisme. Donc je n'en parle pas, je ne donne pas l'adresse.

Pourtant la Casa est publique. Tout le monde peut y tomber dessus, à n'importe quel moment. Et je me dis que le lien, si on me connait, peut vite être fait. Donc je me censure, je n'ose pas tout dire. Toutes les râleries que j'ai sur le cœur et dans la tête. Et quand j'écris sans me poser la question, il m'arrive à postériori de supprimer l'article.

Et c'est comme ça que j'en arrive à avoir des périodes de vide. Des périodes où, finalement, s'enchainent les articles de rendez-vous : ça me permet de continuer à publier, sans trop me poser de questions. Mais je ne suis pas forcément totalement satisfaite non plus. J'ai le sentiment d'être impersonnelle, que ça ne me ressemble pas.

En bref, ça fait beaucoup de questions, pas mal de remises en question, aussi. Et vous, comment faites vous ? Qu'en pensez-vous ?





PS : Aileza, je viendrai à l'apéro. Je me prépare tout doucement ;-)

Commentaires

  1. je blogue presque anonymement aussi. 3 ou 4 personnes connaissent le blog. (Mais ces personnes ne se connaissent pas les unes les autres). Et personne de ma famille! Pourtant, j'ai toujours peur d'être vue, reconnue. La toile est finalement un petit monde. Quand je vois arriver sur mon mur FB personnel des billets de blogueuses que je lis, partagés par des amis, j'ai des sueurs froides! ;) je m'autorise tout, ou presque. parfois je me dis que j'en dis trop. Parfois je me dis "et pourquoi pas?!"... parfois ça me bloque, parfois pas. parfois je me dis que je dois arrêter. Bref. On est beaucoup à se poser des questions. Je crois que c'est sans fin! :)

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    1. J'imagine les sueurs !

      Oui, on se pose d'autant plus de questions qu'on a décidé de ne pas tout dévoiler, de ne pas être prises la main dans le sac ;-)

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  2. Tout d'abord, bravo pour ton nouveau design, il est top. Mer et montagnes toute la Corse !
    Concernant le semi anonymat d'un blog, je comprends tes réticences, on ne sait jamais qui peut lire nos articles et les conséquences éventuelles. C'est pour ça que j'ai choisi de bloguer complètement anonyme sans montrer de photos ni de mon intérieur, ni de mon Cosminou. Du coup j'ai cette "liberté" de parole dont tu parles et qui te manque. Quoique je reste persuadée qu'on n'est jamais tout à fait libre, on s'auto-censure forcément, instinctivement...
    Sinon, je te fais entièrement confiance pour l'apéro tu as encore 10 jours devant toi soit une éternité ;) Bises.

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    1. Merci pour le design. La montagne n'est pas corse mais représente effectivement une grande part de moi ;-)

      Concernant l'anonymat, c'est sûr que quand il est complet, c'est beaucoup plus simple. Mêmesi je suis sûre que je serais quand même tentée par l'auto-censure sur un certain nombre de sujets, notamment le taf (préservation de l'anonymat entre autres) ou mon entourage...

      Et pour l'apéro, je devrais être prête 1 ou 2 jours avant, comme d'habitude :-P

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  3. Mon blog n'est pas vraiment anonyme. La plupart de mes amis connaissent l'adresse de mon blog, je suis lue par l'Explorateur, par mes frères, peut-être même par mes parents… ? Quand je publie, je me dis que puisque ce sera sur internet, ce sera publique. Donc je réfléchis beaucoup à ce que je dis et ce que je ne dis pas. Ce que je montre, ce que je ne montre pas.

    Pour ne pas dire les choses à demi-mot, ou pour ne blesser ou choquer personne (qui m'est connu !), je choisis très soigneusement les sujets de mes articles. Et puis, je ne considère pas mon blog comme mon journal intime ou mon thérapeute, mon blog se permet de ne pas être trop personnel.

    Si tu vois le blog comme un défouloir, tu devrais faire comme Aileza je pense : écrire de façon complètement anonyme. Ecrire en cachette, sous la couette à la lampe torche (sauf si ton ordi a comme le mien des touches éclairées, on peut se passer de lampe torche !), et ne rien dire à personne.

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    1. Comment t'as deviné que j'écrivais à la lampe torche sous ma couette, Céline ? C'est dingue, t'es extra-lucide :D

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    2. J'imagine très bien Aileza écrire sous la couette, à la lampe torche ;-)

      J'ai vraiment utilisé comme défouloir il y a quelques années et je me suis bien calmée depuis mais c'est vrai que de temps en temps, quand j'ai vraiment quelque chose sur le coeur, je me lâche... Je n'ai pas vraiment peur des gens qui connaissent le blog et le lisent mais plutôt de tous ceux qui ne le connaissent pas et pourraient tomber dessus. Donc quand je lâche, je fais très attention à ce que je dis et comment je le dis.

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    3. Quand j'étais plus jeune, j'avais écrit un article sur internet en pensant être complètement anonyme. En fait, mes amis les lisaient, les amis de mes amis et surtout… d'autres personnes non identifiées ! Mes relations étaient devenues un vrai bazar. Je me demandais à chaque fois que je disais bonjour à quelqu'un : "qu'a-t-il lu ?" ^^

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    4. J'imagine l'angoisse ! Ça devait vraiment être bizarre...

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  4. Ce que tu ressens, je l'ai aussi ressenti et c'est pourquoi j'ai dû ouvrir un deuxième blog complètement anonyme celui-là... Depuis, je me sens comme libérée, et cela fait un bien fou ! Bisous ma belle <3

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    1. Je m'en souviens oui. J'imagine le soulagement !

      Bises

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  5. C'est aussi une question que je me pose parfois : est-ce que si je dis ça ou ça, si quelqu'un que je connais vient sur mon blog il me reconnaîtra ? Au final je dis quand même certaines choses parce que je me dis que mon entourage ne blogue pas donc ne risque pas de tomber dessus.
    Après, sur la peur de blesser... Je crois que même dans la "vraie vie" on peut blesser les autres. Je ne crois pas que ça devrait t'arrêter, je veux dire... Si un jour tu blesses quelqu'un cette personne va te le faire remarquer, tu pourras alors préciser ta pensée et expliquer ce que tu voulais dire et tout s'arrangera (c'est un peu naïf comme vision des choses mais je crois vraiment que ça se passe comme ça la plupart du temps).

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    1. Je te remercie pour ton commentaire. Pour ma part, j'ai tendance à croire et penser que sur le net, comme c'est public et écrit, ce n'est pas aussi simple qu'à l'oral ou en face à face. À l'oral, on voit ou entend la personne, on peut adapter notre discours et notre compréhension à l'autre. À l'écrit, sur le net, on se prend les choses en pleine poire, sans y être forcément préparé et rattraper la chose peut être plus difficile.

      Après, je ne dis rien sur les personnes susceptibles de me lire et quand un article un peu rageur est écrit, je m'abstiens de laisser la possibilité d'établir le lien, au cas où.

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  6. Ton blog ne pourra fonctionner que si tu y es toi. Si tu n'y prends aucun plaisir parce que tu te censure, tu finiras par écrire des choses qui ne te correspondent pas, qui ne reflètent pas ta particularité et petit à petit, tu risques de perdre cet envie de partager sur des sujets qui te tiennent à coeur et ne plus rien publier du tout :'(
    J'ai l'impression que cette question se pose à toute personne ayant un espace d'expression quel qu'il soit et c'est une bonne chose, cela permet de se poser quelques instants sur nos envies, les limites qu'on souhaite se mettre et répondre à cette question : pourquoi je blogue ?
    Bonne continuation <3

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    1. Merci pour ton commentaire. Je suis consciente que la censure risque d'entraîner une baisse de plaisir et comme je ne blogue que pour ça, ça le tuera à petit feu... Mais bon, il a la peau dure et tanée depuis le temps qu'il existe ;-) Donc je ne m'en fais pas trop pour lui. Je crois que je suis surtout dans une phase de ré équilibrage.

      Après, je suis d'accord avec toi sur le fait que c'est une bonne chose chose de se poser la question des limites.

      Je te souhaite également une bonne continuation :-)

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  7. Je me pose les mêmes questions. Sutout de savoir si je vais blesser quelqu'un... SI la réponse est oui, je ne publie pas. Sinon je tente le coup

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  8. J'ai exactement les mêmes réflexions que toi, entre la peur de blesser, la peur de trop étonner mon entourage si certaines personnes tombaient sur mon blog. J'ai 5 ou 6 amies qui sont au courant de l'existence de mes blogs, cela ne me fait rien, j'ai plutôt peur que mes enfants tombent dessus, il y a des pensées, des inquiétudes, des reflexions que je n'aimerais pas qu'ils découvrent de moi.

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    1. Je comprends très bien tes appréhensions. Par rapport à mes enfants, je marche sur des oeufs. Et il y a des articles les concernant que j'ai écrit sur le coup de l'émotion et que j'ai supprimés après coup.

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  9. Je crois qu'on s'est toutes un jour ou l'autre posé ces questions ma belle. C'est bien normal et humain.
    Pour ma part nombreuses sont les personnes qui savent que j'ai un blog. Peu sont celles qui le lisent et à qui j'ai donné le lien. Ma famille ne me lit pas non plus, ce qui me donne pas mal de liberté pour parler de tout justement. Je ne me aucune barrière, il y en a bien assez dans la vie de tous les jours.

    Pas facile de trouver le juste équilibre. Il faut du temps et tester plusieurs pistes aussi peut-être.

    Douce journée à toi et merci pour ce billet authentique.

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    1. C'est clair que l'équilibre est difficile à trouver. Il varie selon les personnes mais aussi le temps ...

      Bonne fin de journée à toi

      Bises

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