Désarmée et désemparée

Ce jour-là, il y avait des vagues. Étant seule avec les deux, nous avons changé un peu nos habitudes de jeu, un oeil sur chacun, encore plus qu'à l'accoutumée. Nous nous sommes néanmoins beaucoup amusés, comme un dernier jour de vacances.

À quelques kilomètres de là, une famille parmi tant d'autres s'apprêtait à prendre le bâteau. Pas pour partir en vacances, non pour partir vivre, tout simplement. Vivre, loin des bombes et des fous furieux qui sévissent dans leur pays.

La suite, tout le monde la connaît: ils sont quasiment tous morts. Engloutis par cette mer qui nous amusait, nous, quelques heures plus tôt.

La photo d'un des leurs, rejeté sur une plage, a fait le tour du monde.

L'émotion, justifiée, aussi.

Dessin de l'artiste jordanien Rafat Al Khateeb

Cette année, ils sont plus de 600 000 à avoir fui. Combien d'entre eux sont morts dans l'indifférence la plus totale ? Enfermés dans nos égoïsmes, nous tournons la tête pour ne pas les voir.


Il est indéniablement des drames qui touchent plus que d'autres. Celui-là en fait partie. 

Un cri sort alors du coeur: il faut agir. Car, à part quelques esprits tordus, tout le monde connaît les raisons de cet exode massif: ne plus crever sous les bombes, entre les mains de fous furieux. Ils sont pour la plupart syriens, érythréens ou libyens. Ne me dites pas que c'est pour vivre de notre système social ou nous tirer comme des lapins à la kalach. 

Oui mais comment pouvons-nous agir ? Les accueillir ? Aider nos voisins qui font face aux flux ? Dans l'urgence, sûrement. 

Mais après ? Il serait peut-être temps aussi d'intervenir à la source de ces exodes. Envoyer des troupes au sol ? Puis rester pour aider à établir d'en gouvernements dignes de ce nom. 

Tant qu'il y aura des tyrans et des guerres, il y aura des candidats à l'exil.

Et nous, à notre niveau de simples citoyens que pouvons-nous faire ? Perso, je veux bien aider une association ou deux. Je veux bien signer des pétitions, mais seulement celles qui enjoignent non seulement d'accueillir mais aussi de faire cesser le carnage de l'autre côté de la mer. Et là je n'ai rien trouvé. 

Être né quelque part, c'est toujours un hasard. Je suis née du bon côté de la mer et je me sens tellement désarmée pour aider ceux qui sont nés du mauvais côté.


Commentaires

  1. Je te comprends ma jolie Catwoman! J'ai le même ressenti! bises!

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    1. Je crois que nous sommes quelques uns à l'avoir ce ressenti :|

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  2. Parfois nous devons regarder l'horreur et prendre conscience que nous ne pouvons rien faire pour qu'elle cesse. C'est le plus dur je crois ma belle.
    Douces pensées.

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    1. C'est tout à fait ça: regarder l'horreur en face, se dire que nous, on ne peut rien et que ceux qui peuvent ne font rien ! C'est très dur

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  3. Cette impuissance, cette tragédie, cette indifférence me donnent la nausée :-( Ne sommes-nous pas tous frères ? Ne sont-ils pas des êtres humains avec des besoins et des sentiments semblables aux nôtres ? Quelle est la solution ? Vaste sujet... En tout cas, je salue ton courage d'aborder ce sujet, un sujet (encore un...) à polémique, et je te remercie pour ce beau billet qui, je le souhaite de tout mon coeur, fera bouger (même un tout petit peu) les choses. Grosses bises <3

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    1. Malheureusement, j'ai le terrible sentiment que beaucoup oublient que nous ne sommes qu'une seule et même espèce. Qu'aujourd'hui ce sont eux mais que demain ce pourrait être nous.

      En tous cas, je te remercie pour ton commentaire.

      Bises
      Bises

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