Grandir libres

Si je ne devais employer qu'un seul mot pour définir mon enfance (et mon adolescence), j'utiliserais celui-ci : "libre". C'est drôle aujourd'hui de voir en rouge clignotant ce terme-là quand j'y repense ; je le dirais à la gamine (ou pire l'ado) que j'étais, elle me rirait au nez. Bien sûr que non, elle n'était pas libre : elle avait l'école, les devoirs, elle ne vivait pas à La C., et il y avait les parents. Limite, elle me traiterait d'Alzheimer.

Bien sûr, il y avait tout ça. Et mes parents n'étaient pas dans la tendance "no limit", pas d'encadrement, pas de baffe. Il y avait des règles. Sûrement bien trop à mon goût.

Mais finalement, oui, nous étions libres. Libres de prendre nos vélos et de partir seuls sur les routes alentours. Libres de courir la montagne et d'imaginer mille et une choses. Libres de partir une nuit bivouaquer dans la montagne. Libres d'aller à la rivière. Libres de transformer le village en piste géante de luge.

Tant qu'on leur disait où nous étions et ce que nous faisions.

Le soir, nous leur racontions notre journée. Ils ne nous suivaient pas toujours.

Parfois, ils nous voyaient faire et ils éclataient de rire devant le drôle de la situation là où nous n'avions rien vu, perdus dans notre monde. Comme cette fois où on nous avait demandé de nettoyer l'église en vue d'un concert. Nous n'avions alors rien trouvé à objecter et nous avions obtempéré. Et découvert un nouveau terrain de jeu.

Imaginez des enfants de mécréants qui n'avaient jamais (ou presque) mis les pieds dans une église et lâchés là-dedans ... Les garçons ont alors essayé toutes les tenues du curé, le confessionnal. Nous ne pûmes point jouer avec la cloche, trop branlante. Au bout d'un moment, nous nous mîmes au travail, en musique.

Sex bomb de Tom Jones fut notre choix.

Nous n'avions en rien cherché la provocation. Nos parents le savaient. Ils en conclurent que si des personnes étaient choquées, elles n'avaient qu'à faire le ménage par elles-mêmes ...

Des anecdotes comme celle-ci, j'en ai à la pelle. Aujourd'hui, j'y repense, notamment quand, le soir, je lâche les mômes sur la place du village et qu'ils s'y défoulent pendant plus d'une heure. Les consignes sont simples : vous ne sortez pas de la place et vous faites attention aux cochons ...

Commentaires

  1. Un brin de nostalgie... Oui, les temps ont changé... L'insouciance a laissé place à la prudence. Bises !

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    1. C'est nous les parents maintenant et il y a quelques règles à respecter :-)

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  2. C'est vrai que nous étions libres ma belle. C'est bon de s'en souvenir. Aujourd'hui les limites que nous refusions, c'est nous qui les posons. La route tourne!

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    1. Oh oui, ça fait du bien de s'en souvenir. Et il faut bien leur en mettre quelques unes de limites ;-)

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  3. Moi je ne me sentais pas spécialement libre étant enfant mais c'est dû à mon éducation stricte. Par contre c'est clair que nos parents n'avaient pas la même façon d'appréhender le danger que maintenant. Le tout c'est de trouver un juste milieu^^.

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    1. Honnêtement, à l'époque, je ne me sentais pas comme telle. Et mes parents étaient pas mal stricts aussi : il n'y avait pas intérêt à déroger aux règles (et pour l'anecdote, à 16 ans, j'étais au lit avant 9 h ...)

      C'est tout à fait ça : il faut trouver le juste milieu ;)

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  4. J'ai connu ce sentiment de liberté quand j'allais en vacances chez ma grand-mère. Débordée par trop de petits enfants, elle nous laissait à nos activités, même lointaines. :) J'ai bien plus de mal qu'elle à laisser s'éloigner mes poussins. L'inquiétude. Mes parents ne nous laissaient pas nous éloigner... pour avoir le contrôle. ça fait une différence dans l'idée donc... mais dans les faits, finalement, pas tant que ça. :)

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    1. C'est super de le connaitre ce sentiment ...

      J'avoue que je n'ai aucun mal à leur lâcher la bride, en fonction de leur âge. Ça développe leur autonomie aussi. Après, je peux comprendre que ce ne soit pas facile :/

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