Chemins d'école - Être mère # 50

Être mère, c'est se dire qu'on est vraiment un peu "chochotte" parfois ...

Et aussi très vernis, un peu, quand même !

L'autre soir, avec l'homme, nous avons regardé un reportage sur LCP (mais ça aurait aussi pu être Arte) (bref, on a fait nos intellos - bobos). C'étaient des reportages sur les chemins de l'école, au Népal pour le premier et au Kénya pour le second. 

Bref, des enfants hauts comme trois pommes qui se tapent plusieurs heures de marche le matin et pareil le soir, qui traversent des fleuves suspendus dans une nacelle qu'ils font avancer à tour de rôle en marchant sur un câble.


Là, tu as une vague idée du bazar ... Et encore, c'est rien par rapport aux images que j'ai vues.

Les enseignants expliquent, désappointés, que les autorités ne mettront pas de pont avant qu'un gosse ne se tue, qu'une gamine l'année dernière est tombée, en est ressortie vivante mais bien handicapée et que ce ne fut pas suffisant. Ces mômes marchent pendant des heures, risquent leur vie, rêvent d'avenir. Le problème, c'est que pendant la journée, ils sont fatigués du marathon matinal et anxieux de celui qui les attend le soir, et le soir, trop exténués par leur journée, ils ne peuvent faire leurs devoirs.

Le deuxième montrait le périple des enfants Massaï qui partent à l'école au Kénya, parfois après avoir passé la nuit à surveiller les bêtes, le ventre vide, et traversent la savane. Certaines images sont magnifiques comme quand ils croisent un troupeau de girafe mais il n'y a pas que des girafes dans la savane. Il y a aussi les éléphants, les lions, les guépards. Certains font un détour à travers le territoire des léopards pour essayer d'avoir un peu de viande (et se font réprimander à leur arriver). Une enfant de douze ans marche toute la matinée, seule, à travers la savane, espérant arriver pour l'heure du déjeuner, sinon, elle devra jeûner jusqu'au lendemain ...


En fin de compte, des films très intéressants qui m'ont amenée à réfléchir. Surtout que l'un de ces enfants n'a que 4 ans. Catboy en a 3. Le rapprochement est vite fait.

Il n'y a aucun danger par chez nous. Son école n'est qu'à 10 kms et un chemin, sans voitures, existe pour joindre les deux villages. Pourtant, l'idée ne m'est même pas venue de l'envoyer seul à l'école. Il ne va même pas jusqu'au bus (à 200 m de la maison) seul. Alors à l'école ...

Même sa sœur, un peu plus âgée et dont l'école est dans notre village, à 400 mètres de la maison est accompagnée jusqu'à la grille. J'ai bien essayé, cet automne, le mercredi matin, de la laisser y aller seule. Le premier jour, j'avais mauvaise conscience (carrément !). Après, ça allait mieux. Sauf qu'on m'a dit qu'elle marchait sur les murets (attention, danger !) (enfin, moins, pour moi, que les voitures insulaires) et donnait le mauvais exemple aux autres ... 

Bref, l'expérience a vite été stoppée.

Je suis une chochotte !!! 

Et nous avons aussi de la chance (quand même) que nos enfants n'aient pour seul souci que de savoir qui va leur tenir la main sur même pas 500 m pour aller à l'école. Ils y sont nourris et les classes sont surchargées quand elles atteignent 30 mômes !

C'était ma participation au Être mère de Babidji

PS1 : Je sais, pas d'anecdote cette semaine mais ces reportages m'ont vraiment interpellée et je voulais partager ... Si je ne l'avais pas fait, je t'aurais expliqué par le détail la semaine des 7 samedis (attention, c'est breveté !) (mais si t'es sage, je te le fais la semaine prochaine).

PS2 : T'as vu ? J'en suis au 50° "être mère" !!! Ça se fête, on va sabrer le champagne ;) C'est donc le rendez vous blogo auquel je suis fidèle depuis le plus longtemps ... Mais je n'oublie pas les instantanés de Marie et si Aileza réorganise des apéros, je serai également de nouveau de la partie !!!

Commentaires

  1. Ces reportages me passionnent et c'est là que je me rends compte la chance que nos enfants ont, que nous avons. Car quel courage de laisser ses enfants traverser des zones aussi dangereuses! Quel courage pour les enfants eux-mêmes. Et dire qu'en France il y a des enfants qui rechignent d'aller à l'école et des parents qui se plaignent sans cesse. Ca remet les idées en place ma belle!

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    1. C'est exactement ça : ça remet les idées en place et tous (enfants et parents) sont fort courageux !!!
      Ça fait tellement longtemps que ça existe et les choses sont tellement bien organisées (quoique quand on voit les écoles de Marseille, on peut mettre un bémol) qu'on ne se rend pas compte de notre chance. C'est un dû. Quand à nos enfants, c'est une obligation et pour eux l'alternative à l'école, c'est rester à la maison et jouer, sans contraintes, donc ils ne se rendent pas compte. La petite Massaï, elle savait que si elle n'y allait pas, elle devrait rapidement se marier ... Le choix était fait !

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  2. J'adore ces reportages aussi. L'être humain est vraiment plein de ressources, quand besoin est.

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    1. Oh oui, l'être humain est plein de ressources, c'est impressionnant !

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  3. J'avais vu au cinéma le film sur les chemins de l'école.
    https://youtu.be/aEHQePgNXNU

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    1. Je vais essayer de le trouver et le montrer aux enfants :)

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    2. je ne l'ai toujours pas vu !!! merci de la piqûre de rappel !

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  4. moi j'avais vu un reportage où ça se passait au fin fond de la Réunion !!! et ils devaient à tout prix respecter les règles de métropole pour la scolarité ! hallucinant !!! c'est clair que nos gosses ont de la chance...

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    1. Oh punaise, j'imagine l'hallucination en effet ! C'est un peu le problème français : on ne s'adapte pas aux particularités locales :/

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  5. C'est vrai qu'après l'excellent saucisson que je viens de déguster, tu mérites un apéro cosmique, rien que pour toi^^.

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  6. alors comment te dire que je fais pareil que toi et que c'est hors de question que je laisse Pimprenelle 8 ans sans être sûre qu'elle a bien franchi le portail de l'école !!! et comme dans ce reportage ... je pense parfois à tous ces gosses de 3 ans voire 2 ans 1/2 qu'on croisait sur les routes du Sikkim ou du Népal seuls le long de minuscules routes en bord de ravin avec des gros 4X4 ou camions qui passent à toute blinde ... comme tu dis ... on est peut-être des chochotte mais si on compare la mortalité infantile notamment par accident le calcul est vite fait entre nous et ces pays ! Et je me disais toujours en voyage "mais ils n'ont pas peur des prédateurs sexuels ?" parce que je t'avoue ce qui me fait flipper ce sont surtout les détraqués en laissant ma fille seule aller à l'école ! merci pour cette super participation ... ça me donne envie d'aller voir le replay !

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    1. Oui, c'est vrai que le taux de survie n'est pas le même (et heureusement, vue la différence de nombre d'enfants ...). Tu m'étonnes, en bord de ravin avec les camions et 4 * 4 qui passent à toute allure à côté !
      Je ne me suis jamais posé la question des prédateurs sexuels. Je ne sais pas s'ils y pensent. Mais je crois que l'envie d'apprendre est plus forte que toutes ces peurs ...

      Moi, ce qui me retient pour ma fille, c'est qu'elle marche sur un mur, pas de trottoir et les corses ne sont pas doux avec la pédale d'accélération.

      M'enfin, aujourd'hui, la question ne se pose même plus ...

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  7. ah au fait des tonnes de bisous pour ce #50 ça me fait trop trop plaisir ! et tu méritais vraiment ton lot du #100 chez moi ! à la semaine prochaine !!!

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    1. Héhé, c'est mon rendez-vous préféré ! Et encore merci pour ce lot !!!

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  8. le Népal je ne connais pas mais l’Afrique et le Kenya oui, et les valeurs ont du sens

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    1. Je ne connais aucun de ces pays. J'aimerais bien !

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  9. j'avais vu un reportage une fois d'une fille, en Inde, qui pour aller à l'école risquait sa vie tous les jours tant les zones qu'elle devait traverser étaient fréquentées par des violeurs et des tueurs. Plein de ses amies avaient été tuées et/ou violées... mais elle continuait malgré tout à aller à l'école, parce que c'est ce qu'il y avait de plus important tour elle. ça m'avait franchement interpellé aussi. Depuis deux ou 3 semaines, je laisse le 10 ans allé au sport seul en fin d'après midi. Il revient en trotinette le long de la route, avec un passage dans un bord de route/bosquet. Dés qu'il a une minute de retard je panique...

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    1. Ils ont un courage et un amour de l'école à toute épreuve ces mômes !

      Moi, je ne peux pas la laisser aller seule au sport (y a un peu trop de kilomètres) et l'école ... beaucoup de choses ont changé depuis mercredi dernier :/

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  10. bobos ? je ne pense pas. quand on voit la quantité de merdes télévisuelles on a juste envie de sauver sa pauvre caboche

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    1. Lol, tu as raison : elle vaut mieux que de la pub pour du coca cette pauvre caboche :)

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