Soigner le mal par le mal

On ne saurait dire s'il s'agit d'une réelle peur ou d'un léger manque de confiance ... Aussi, quelle idée de s'envoyer en l'air à plus de 10 000 mètres d'altitude, à une vitesse avoisinant les 10 000 kilomètres par heure, le tout dans un morceau de ferraille de plusieurs tonnes ?

Elle n'a pas peur mais elle n'aime pas les atterrissages, c'est le moins qu'on puisse dire. Et pourtant, elle se soigne. Chaque fois, après, elle se dit "si j'ai survécu à ça, je ne vois pas pourquoi je devrais avoir peur."

Non, elle n'a pas peur et oui, elle se soigne. Elle applique la thérapie du "mal par le mal" ... C'est mieux ainsi. On survit et on en sort plus fort, telle est sa doctrine. Et chaque fois qu'elle ressent un malaise, elle repense à ces fois.

La première fois qu'elle a posé un pied en Corse.
Elle était venue en vacances, en randonnée équestre et avait choisi le moyen de locomotion le plus rapide pour traverser la mer. Bref, elle n'était pas venue à la nage mais en avion. Alors, elle ignorait. Elle ignorait que le Cap Corse et Bonifacio se battaient la médaille de région la plus ventée de France avec la vallée du Rhône.
Ce jour là, l'avion se prit pour une bouteille d'Orangina :
"Secouez, sinon la pulpe reste en bas !!!!"

Son voyage en Mongolie.
Pas de vent violent cette fois, on est tranquille ... Seulement la Mongolie n'est pas desservie par une compagnie nationale européenne (contrairement à l'île de beauté) ni par des avions de construction européenne ni de construction américaine. La Mongolie est desservie par des avions et des compagnies fortement cotées sur le marché des crashs. Heureusement, depuis, il y a eu la Malaisia Airlines et les pilotes suicidaires.
N'empêche, cette fois-là, elle avait mis les bouchées doubles pour se soigner : elle s'était abreuvée de "peur dans le ciel", des documentaires sur les plus mémorables crash d'avion et leurs causes, elle avait fait des vols un 11 septembre ... C'était sans compter sur le pilote russe qui arriva un peu vite, avec son avion brinquebalant, sur les pistes moscovites. Est ce normal ? Les autres n'ont pas l'air de s'inquiéter ... On va se mettre en Off. 
Une fois le nez dans le siège devant elle, elle eut confirmation de sa première impression : le pilote avait atterri un peu vite ...

Franchir le cercle polaire.
On ne fait pas mieux pour se dépayser que de franchir le cercle polaire en plein hiver. Même si on reste en pays "civilisé". C'est une belle idée. Surtout quand, un vendredi matin, au grand jour, on découvre la piste sur laquelle on a atterri une semaine plus tôt, à bord d'un coucou à hélices de 40 places. Ce sont finalement quatre cailloux posés au milieu de la mer : un machin pas plus grand qu'un aérodrome et ... verglacé. Oui, verglacé, vous avez bien lu  : la piste est toute blanche (et pas de sel).
La salle d'embarquement est quasiment directement sur la piste. Munie d'une immense baie vitrée qui permet d'admirer une dernière fois les paysages mais aussi les prouesses du virtuose.

Non, l'hélice n'est pas en train de tomber ...

Non, décidément, elle n'a pas peur. Il n'y a pas de raison finalement. Il faut juste éviter qu'il y ait un crash d'avion quelques jours avant qu'elle ne monte dedans ...


Commentaires

  1. Ah ah ! Dur-dur la peur des avions lorsqu'on vit sur une île… ^^ Mais ça ne t'empêche pas de voyager, c'est super !

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    1. Je prends très peu l'avion pour sortir de mon île. Mais pas à cause d'une quelconque peur, juste parce que c'est bien trop cher !

      Je n'ai pas suffisamment peur pour que ça m'empêche de voyager, heureusement ;)

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  2. Je t'avoue qu'il y a toujours une petite angoisse qui vient se glisser quand je prends l'avion. Dans un jour je m'envole pour l'Irlande et c'est con mais j'ai la trouille. Pourtant ce voyage je le connais par coeur mais l'appréhension est là, à chaque fois.
    Bises me belle.

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    1. Voilà, un petit stress, une légère appréhension. Ce n'est "que" l'atterrissage que je n'aime vraiment pas !

      Bon courage pour le voyage et bon séjour.

      Bises

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  3. Comme je te comprends... J'ai une peur bleue de l'avion. Je suis obligée de prendre un anxiolétique la veille... Car je ne veux pas que cette peur m'empêche de voyager, j'aime trop ça...
    Paraît qu'il existe des stages pour t'ôter cette peur. Ça vaut peut-être le coup d'essayer :-)

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    1. Je n'en suis heureusement pas à ce stade ! Juste une légère appréhension à l'atterrissage ... Sinon, c'est quand même pratique.

      Je ne connaissais pas l'existence des stages. Oui, ça peut valoir le coup si après tu n'as plus peur ni besoin d’anxiolytiques !

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  4. je n'étais pas été si courageuse... le cercle polaire je l'ai traversé en voiture... sur une route verglacée! ;)

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    1. Aaaahhh, les routes verglacées, un vrai plaisir ! Je préfère la piste verglacée pour l'atterrissage (de nuit, sans rien y voir, c'est encore mieux) ;)

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