On ne peut pas

On ne peut pas imaginer cette douleur, l'appréhender, la concevoir, la toucher. Mais comment le pourrait-on ? C'est si inimaginable, si personnel.

Un enfant qui meurt. Sous les coups de la maladie, brutale ou sournoise, foudroyante ou lente. Un enfant qui meurt subitement, sans raison apparente, ou dans un accident. Un enfant qui disparait et que l'on ne retrouve jamais ou alors si, malheureusement, massacré, torturé, assassiné.

On dit souvent "c'est ce qu'il peut arriver de pire". Il n'y a pas d'échelle dans les drames, elle est personnelle et personne ne peut dire à ta place. C'est certainement la perte d'un enfant, qu'elle qu'en soit la cause, l'un des pires. Mais l'on ne peut pas. On ne peut tout simplement ne serait-ce qu'imaginer la souffrance qui envahira chacun des parents.

Pourtant, on la conçoit. Pourtant, on l'admet et l'accepte. On fait preuve d'empathie et on essaie de soutenir, tant que faire ce peut.


Il est une autre souffrance, une autre douleur. Pas pire mais tout aussi terrible. Seulement, celle-là, personne ne veut la voir, l'admettre. Celle du parent de l'assassin, du meurtrier.

Apprendre que ton enfant. Celui pour qui tu t'es levé tant de nuits. Celui pour qui tu t'es fait tant de souci au moindre bobo, au moindre rhume. Celui que tu as élevé, avec amour et tendresse, réprimandé quand cela était nécessaire. Apprendre que celui-là même a "déraillé", s'est écarté du "droit chemin". Qu'il a torturé, massacré, tiré à vue, tué.

Mais comment peut-on faire face à ce genre de chose ? Comment peut-on vivre avec cela ? Que ressent-on ? Comment fait-on ? C'est un deuil, un monstrueux deuil. Un deuil que les parents devront taire car personne ne voudra les écouter. Une douleur que personne ne voudra entendre. L'opprobre que la société rejette sur cet enfant sera crachée à la figure de ses parents. Ils seront considérés comme des monstres au même titre, quelle que soit l'éducation qu'ils auront donnée, sans distinction, sans compréhension, sans empathie.

Personne ne peut. Personne ne peut imaginer, envisager ce que ces parents qui perdent un enfant peuvent vivre, l'immensité de la douleur ressentie. Quelle que soit la perte, physique ou morale. Elle est trop personnelle.


Et qu'on nous épargne à toi et moi, si possible à jamais, d'avoir à la connaître ...

Commentaires

  1. J'aime le ton que tu donnes à ton article Catwoman, car je pense souvent aux parents du meurtrier / bourreau. On donne tout à ceux qu'on aime sans condition et puis un jour la vie bascule, la leur, la notre et tant d'autres. Comment continuer le chemin, comment avancer? Qu'on nous épargne de vivre un tel drame.
    Grosses bises de nous deux sous la grisaille!

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    1. Ton commentaire me fait très plaisir !!!

      Depuis quelques temps, oui, je pense à ces parents moi aussi. Je ne sais pas comment on peut avancer, continuer le chemin, après ça ... Je l'ignore et oui, qu'on nous l'épargne.

      Je t'embrasse

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  2. Très bel article, très juste, poignant même.
    Je me demande parfois quel homme sera Cosminou et notre "influence" de parents sur ses choix et décisions d'adulte. D'une certaine façon c'est bien de ne pas pouvoir contrôler toute la trajectoire de nos enfants mais parfois c'est flippant. Ces assassins, terroristes et autres violeurs sont bien les enfants de parents qui ont eux aussi essayé de faire de leur mieux...

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    1. Merci Aileza, ton compliment me va droit au coeur <3

      Nous faisons de notre mieux en tant que parents mais effectivement, nous ne pouvons tout contrôler. Que se passe t'il pour que ces assassins, terroristes dévient comme ça ? Je ne sais pas.

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  3. Si tu savais comm ton billet me parle... Je pense souvent à ces enfants disparus qu'on ne retrouvera jamais. Je trouve cela atroce, injuste.. Naître, venir au monde pour au final connaître ce drame! C'est injuste, c'est innommable... Je ne trouve pas les mots, et j'essaie de penser à autre chose, car ça me donne mal au ventre.
    Mais du coup, tu as raison de souligner l'autre versant du problème: les parents d'assassins.. C'est atroce également... On ne peut qu'espérer que notre amour et notre éducation soient suffisants...

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    1. Oui, j'y pense à ces enfants disparus à jamais, et les autres aussi. C'est tout bonnement atroce pour eux et leurs familles.

      Pour l'autre côté du versant, honnêtement, je ne m'en étais jamais soucié avant d'être mère et d'entendre un fait divers horrible où le meurtrier était un jeune de 17 - 18 ans ... Et, là, oui, j'ai touché du doigt les deux versants du fait divers.

      On fait tout pour et on croise les doigts ! Prends bien soin de tes deux loulous.

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  4. On ne peut plus juste.
    Et c'est bien de le souligner.

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