Prendre le bateau

A l'heure qu'il est, nous sommes dans le bateau ... Enfin, dirons nous. Mais nous y sommes. 

J'avoue, parfois, ça me fait bizarre cette expression. De dire que nous sommes dans le bateau, que nous prenons le bateau. Peut être parce qu'une certaine frange de la population aimerait nous y mettre pour de bon dans ce fichu bateau, sans billet retour.

Peut être.

Peut être aussi et surtout parce que pour un certain nombre de personnes dans le monde, prendre le bateau n'a rien de plaisant. N'a rien de vacances.  C'est tellement souvent un aller sans retour envisageable. 

Nous sommes dans le bateau. Pour les vacances. Finalement comme beaucoup de personnes aussi en ce bas monde. Sur une ligne ultra fréquentée, notamment en cette saison. Mais alors que pour beaucoup de ceux qui nous accompagnent ce trajet représente la fin des vacances, pour nous, ce n'est que le début.

C'est aussi ça la vie en Corse : prendre le bateau, souvent. Faire de longues traversées diurnes pour réduire les frais et devenir Maître dans l'art (délicat) de gérer des monstres pendant 7 à 8 h sur un coulàpic ferry en croisant les doigts pour que ledit coulàpic ne coule pas bateau n'ait pas une minute de retard et que nous puissions à toute allure nous échapper de ce yacht.

Nous quittons l'île surpeuplée et surchauffée pour à notre tour jouer les touristes.


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