Un battement d'aile de papillon

La semaine dernière, je suis montée à Paris pour trois jours de folie où j'ai mené la belle vie de célibataire, sans enfants. Ou presque. Parce-que en vrai, pendant que Batman et les monstres se la coulaient douce (il n'y avait pas d'école à cause d'une vague histoire de neige), j'ai surtout été en formation, à faire des journées de Ouf. Ils sont fous ces parisiens... 

Blague à part, la formation était extrêmement intéressante: les fondamentaux de l'écologie marine. Elle m'a rappelé ce que j'aimais pendant mes études: l'écologie, les liens complexes entre les différents organismes d'un écosystème. Ce n'est vraiment pas simple mais c'est passionnant. 

Comment faire pour que notre planète se porte mieux ? Sur quel levier agir ? À une époque, je disais, un peu par provocation, un peu parce-que je le pensais que le mieux pour la Terre serait que l'espèce humaine disparaisse. 

Moi, misanthrope ? Si peu, si peu.

En fait, en y réfléchissant, ce n'est pas si simple. En effet, quand on regarde un certain nombre des exemples cités pendant cette formation, même l'humain moderne des pays "industrialisés" / "développés" (je ne sais comment nous nommer) est imbriqué dans les écosystèmes et son action peut être "bénéfique" à certaines espèces.



Je vais prendre des exemples pour éclairer mon propos. 

Les algues vertes. 
Je sais, j'envoie du lourd en terme de premier exemple mais je trouve que c'est quand même super parlant ! D'autant plus parlant que, du fait de la médiatisation du problème, tout le monde les connait. Donc les algues vertes, symbole par excellence de notre monde qui part à la dérive, produit de l'élevage intensif de cochon qui a détruit le réseau hydrographique de la Bretagne, étouffe la mer.
Les algues vertes sont néanmoins fort appréciées d'une espèce d'oiseaux, les bernaches cravant, espèce protégée, qui s'en régalent lors de leur étape bretonne. À tel point que quand elles viennent à manquer ces dernières se rabattent sur les blés (source).



Les flamants roses.
On part plus au sud, sur un autre oiseau, emblématique de la Camargue, le Flamant rose. Une partie des anciens marais salants des salins du midi a été rachetée par le conservatoire du littoral. Ils abritaient la plus grande colonie de France. Par conséquent, ils ne sont plus exploités et les petits ne sont plus protégés contre les prédations. Les  renards sont assez heureux, les Flamants nettement moins.



Consommer du poisson.
Il parait que manger du poisson est bon pour la santé. Mais quel poisson déguster ? Là, il s'agit d'une question que je me pose depuis quelques temps, surtout quand je suis devant les saumons (c'est celui que je préfère): acheter du saumon d'élevage classique, du saumon d'élevage bio ou du saumon sauvage ?
J'avoue que de prime abord, je serais tentée par le dernier (malgré les prix). L'animal a eu la chance de vivre toute sa vie comme un vrai poisson, de manger comme un vrai saumon, de nager aussi, de voyager (le veinard). Cependant, acheter du saumon sauvage participe à vider lentement mais sûrement les océans.
Alors, je prends du saumon d'élevage ? Oui mais lequel ? Le bio, qui a eu des protéines animales à manger, a vécu dans des cages un peu moins étroites mais s'avèrerait finalement moins pour la santé que le conventionnel (étude 60 millions de consommateurs).

Je sais, les vegans et végétariens vont me trouver la solution: arrêter de consommer des animaux. Sauf que. Je pourrais couper court en disant que je suis omnivore. Je pourrais même développer sur les bases de notre espèce. Mais je ne le ferai pas. Je vais te parler de l'élevage.


L'élevage.
Je sens que je vais me faire aimer. D'autant plus que j'ai récemment vu passer sur des blogs qu'on allait nous expliquer en quoi l'élevage est mauvais pour la planète. Je ne suis pas une novice en matière de biologie et d'écologie donc je me doute bien des dégâts causés par l'élevage, notamment intensif, à la planète.
Mais ce n'est pas aussi simple que cela. Si on arrête de consommer de la viande, les élevages vont mourir. Il n'y aura plus les troupeaux de vaches ou de brebis qui paîtront l'été dans les alpages. Si cela se produit, les forêts gagneront sur les alpages et de nombreuses espèces végétales inféodées à ces milieux disparaîtront.


Un autre point que Batman m'a soufflé et auquel je n'avais pas pensé: l'amendement des sols pour faire pousser la partie végétale de notre alimentation. S'il n'y a plus d'élevage, il n'y a plus d'épandage des fumiers et lister. Pour faire pousser, il sera alors nécessaire d'utiliser les engrais chimiques. C'est Monsanto qui va être content...

J'en ne dis pas qu'il est indispensable de consommer 15 kilos de viande par jour, ça un. Je dis simplement qu'il faut tout prendre en compte, tout le temps et que c'est particulièrement complexe. Je pourrais continuer longtemps à donner des exemples, la liste est longue.

L'écologie est une science passionnante et complexe. J'ai aimé l'étudier et j'ai adoré m'y replonger. Par cet article, je ne dis pas qu'il ne faut pas agir pour atténuer les effets néfastes de l'homme moderne sur notre planète. Je dis juste que tout n'est pas si simple.


Commentaires

  1. Le problème il me semble, ce n'est pas tant la modification des écosystèmes, c'est que si une partie est modifiée, tout le reste doit suivre, et que ça prend du temps. Je m'explique en prenant l'exemple des algues vertes : peut être que l'espèce d'oiseau protégée va pouvoir s'agrandir, mais dans ce cas là elle risque de devenir un trop grand prédateur pour une autre espèce animale, qui risque de diminuer et voir la prolifération à son tour de ses proies. Sur le très long terme, les écosystèmes pourraient évoluer et s'adapter aux changements induits par l'homme (les écosystèmes ont bien évolué à la suite des grandes crises géologiques par exemple), mais ceci prend beaucoup de temps et l'évolution qu'impose l'homme est bien trop rapide.

    Je ne sais pas si je suis claire... Le problème n'est pas tant l'industrialisation ou l'élevage, le problème est que l'homme impose ces changements trop vite à la nature qui ne peut pas s'adapter. L'homme doit absolument revenir dans une voie raisonnable, sans pour autant tomber dans l'excès inverse. Comme tu dis, cela n'est pas si simple...
    Merci en tout cas pour cet article qui me rappelle mes cours sur les écosystèmes quand j'étais en fac de géologie :-)

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    1. Mais de rien ! J'adore écrire sur l'écologie et que ma prose touche et fasse réagir au moins une personne me touche ;)

      Non, ce n'est pas simple. Et en effet, comme tu le soulignes, le problème est la pression extrêmement importante, forte et les évolutions rapides que nous imposons. Je prenais ces exemples parce qu'ils permettent de voir l'écologie sous un angle un chouïa différent de ce qui est toujours présenté.
      Pour en revenir à la Bernache, le problème est surtout que son met préféré, la zostère a disparu (ou trop régressé, je ne suis pas spécialiste du milieu marin, surtout là haut ...) et elle s'adapte en mangeant des algues vertes ...

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  2. Et moi je retiens que tu as passé trois jours sans les mômes :-))

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