A l'heure du bilan

J'aimerais arriver et crier "Ça y est, je l'ai ! J'ai réussi !" mais j'ai peur. J'ai peur de m'être plantée. J'ai peur d'avoir espéré, en vain. J'ai peur d'être déçue.

Et en même temps, je ne peux m'empêcher d'espérer. De vouloir y croire. Je vais sûrement vite déchanter. Comment pourrais-je l'avoir réussi ? Je vais en chier quand je vais me rendre compte qu'en fait, non, je ne l'ai pas eu. Que toutes ces heures, ces jours, ces semaines, ces mois d'attente et de travail n'auront servi à rien.

J'ai peur.

J'ai la boule au ventre. Cela fait des jours qu'elle est là, qu'elle augmente. Elle prend de la place et me serre désormais la gorge. Elle s'était un peu calmée depuis mercredi midi mais là, à l'approche de l'échéance, elle revient au triple galop. J'ai les doigts et les mains qui tremblent.

Que ces jours et ces heures sont longs. Les semaines ont ressemblé à des années. Les heures à des mois. Et ces dernières minutes qui me séparent du couperet final ressemblent à s'y méprendre à des siècles, des millénaires.

Je suis dans un état de stress indescriptible. J'ai peur d'être déçue et, surtout, j'ai peur de décevoir tout le monde.


J'ai écrit ces quelques mots vendredi dernier, en attendant, pour me libérer de mes tensions, pour y mettre des mots, justement. Quelques heures plus tard, le couperet est finalement tombé. Et je n'ai effectivement pu crier à la terre entière que c'était bon, que j'avais réussi.

Mes amies ont été étonnées  que j'ai raté. Elles m'ont remonté le moral et affirmé que j'étais loin d'être bête. Et je les en remercie (mais je ne suis pas sure que mes chevilles en fassent autant).

Si je me suis éloignée ces dernières semaines, c'était pour travailler "sereinement" sur ce concours, me préparer "comme il faut". Je mets tout entre guillemets parce qu'à l'évidence, je ne me suis pas correctement préparée, je n'ai pas suffisamment travaillé. Ne me dites pas que je suis dure avec moi-même, je le pense puisque je n'ai pas réussi. Je sais que c'est un concours et que ça ne dépend pas que de moi. Je sais aussi parfaitement que ce n'est pas uniquement dû à ma note à l'oral que j'ai passé il y a quelques jours et qu'il y a une part (pour l'instant inconnue) de mon écrit de mi-novembre. Mais le fait est là : je n'ai pas réussi, j'ai raté.

Comment je vais aujourd'hui ? Mieux que vendredi. Vendredi soir, j'étais vidée, triste et en plein doutes vis-à-vis de moi-même : j'avais échoué. Je ne me sentais pas de tout recommencer, à zéro. Et puis, le pire, c'est que je ne sais pas QUAND je pourrai recommencer vu que ce concours n'a pas lieu tous les ans.

Aujourd'hui, je suis en colère d'avoir raté, là où d'autres que je connais ont réussi. Colère contre moi. Contre mes erreurs aussi.

Mais aujourd'hui, aussi, je vais mieux. Tout doucement, j'analyse et je planifie. Je ne mettrai pas des mois à m'y remettre comme je le pensais vendredi. Je vais rapidement le faire. Préparer des fiches sur un peu tout (et n'importe quoi) concernant mon métier et ceux qui m'entourent en tant que fonctionnaire. Faire des formations, aussi, pour prouver et me préparer.

Monter, tranquillement et efficacement, mon dossier de validation des acquis et de l'expérience.

Et faire un bilan de compétences, rapidement. Et voir et évaluer ce que j'ai envie de faire de ma vie professionnelle.


Parce qu'il y a ça, aussi. J'aime mon métier mais j'en ai fait le tour. Je veux progresser et prendre des responsabilités. Je veux continuer à travailler dans le domaine de l'environnement. Mais l'administration française est un carcan et la réglementation en matière d'environnement et la situation de l'emploi, dans la fonction publique, n'évoluent pas vraiment dans le bon sens. C'est un fait. Et ce n'est pas ce qu'on nous promet qui va me faire rêver et espérer de meilleurs jours.

Et puis, et puis, j'ai cette envie que je n'ose pas vraiment formuler. Cette envie d'émigration. Mais pour aller où ? Et quel emploi ? Il y a 12 ans, je me suis cassé les dents à chercher du travail dans mon domaine, dans le privé. J'ai aujourd'hui une étiquette de fonctionnaire française sur mon CV, qui voudra m'embaucher, dans le privé, à l'étranger ? En parlant de partir, j'aurais bien des idées de destination mais je me heurte, soit au problème que le pays n'est pas très environnement-compatible, soit au problème de la langue ...

Alors ? Alors, je n'en sais rien. Strictement rien.


Commentaires

  1. On apprend plus de ces échecs.. même si tu as du mal à digérer ce qui est normal, je te sens sur le bon chemin. Tu vas dépasser ça et aller encore plus loin que ce que tu avais prévu au départ ! Et à l'étranger ils sont moins regardant sur le cv, ils ne le regardent pas comme les français en tout cas.. tu vas y arriver tu as de la force en toi...

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    1. Merci beaucoup Maman Délire. Oui, c'est vrai, on apprend de ses échecs, peut être plus que de ses réussites. Il faut que je sois patiente tout en m'activant pour que ça avance (je n'ai encore rien fait depuis une semaine et tu ne peux imaginer à quel point je m'engueule moi-même sur ce point).

      Bref, pour l'étranger, j'ai envie, tout en n'osant pas franchir le pas. Il faut que je me renseigne, que je vois. J'ai une certaine stabilité ici et ça me fait aussi un peu peur de tout lâcher pour faire un tel saut dans l'inconnu. En plus, je ne suis pas seule et je dois compter avec l'homme aussi. Bref. A voir et affiner.

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  2. Le bilan de compétences est une super idée pour t'aider à répondre à toutes ces questions (je parle en connaissance de cause).
    Et quelque chose me dit que d'ici quelques temps, tu verras cet épisode sous un autre angle ;)

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    1. Oui, il faut que je me renseigne un peu plus là dessus et que je prenne les choses en main. Je pense que c'est le premier pas à franchir ;)

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  3. mais tu es forte Catwoman, rappelle-toi ! Tu as en plus l'intelligence de te remettre en question, tout le monde ne le fait pas ! Tu as déjà l'envie de parcourir ce chemin, c'est qui est vraiment le plus important ! Et pourquoi pas l'étranger, effectivemment? Ils collent moins d'étiquettes sur les gens que nous je trouve... Courage poulette. Gros bisous

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    1. Merci Cristina ! Je ne sais pas si je suis forte mais effectivement, je me remets en question.
      Pour l'étranger, je ne connais pas. Et c'est peut être ça qui me freine. Après, s'il y a plus d'opportunités qu'en France, c'est à travailler sérieusement ;)

      Je t'embrasse fort <3

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  4. Moi j'ai confiance: tu vas y arriver!

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  5. Toujours se dire que ce qui nous arrive est la meilleure des choses quelque soit ce qui nous arrive. Je crois que c'est un maître zen qui a dit ça (en mieux^^). Je me le suis souvent dit (surtout ces derniers temps) C'est vrai que tout de suite, dans l'instant c'est pas évident mais avec le recul ça se vérifie. Peut-être qu'au final, ça va te pousser à vraiment partir à l'étranger, qui sait ?
    Courage <3

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    1. Peut être en effet que c'est une bonne chose mais effectivement, ce n'est pas évident à voir :D On en reparlera dans quelques années.

      Pour l'étranger, j'ai envie tout en me sentant encore très enchainée à la France. Peut être que je vais être rapidement débarrassée de ces chaînes ...

      Je t'embrasse <3

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  6. Moi, je crois au destin : si tu as raté ton concours, c'est que cela devait en être ainsi. Je sais ce que c'est, j'en ai moi-même râté un il y a quelques années, j'ai aussi foiré des super jobs parce qu'il me manquait parfois une infime compétence... mais c'était comme ça que cela devait être. Je suis sûre que le temps va t'aider à te remobiliser, voire peut-être, prendre un autre chemin.

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    1. Tu n'es pas la première à me parler du destin, me dire que si j'ai raté c'est que cela devait être ainsi. Je me dis que je n'étais sans doutes pas encore tout à fait prête à franchir cette étape dans ma carrière.

      Je vais rapidement m'atteler au travail pour la suite.

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  7. Je suis désolée pour toi et je comprends que la déception soit immense. Pour l'instant tu ne vois pas d'issue, mais elle est pourtant là, quelque part. La solution va finir par arriver ! Si tu sens ce besoin de partir à l'étranger, tu peux toujours essayer, c'est une expérience tellement enrichissante ! Pourquoi pas essayer de postuler ? On ne sait jamais ;-)

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    1. J'ai très envie de l'étranger, de voir autre chose aussi, d'autres façons de penser et de vivre. Pour moi, mes enfants. Après, la décision ne m'appartiens pas (entièrement) : je suis en couple, avec enfants et emprunt sur le dos. Il faut que je sois sûre, que nous soyons sûrs avant de nous lancer. Mais j'ai envie :)

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  8. J'ignore de quel concours il s'agit, mais je suis assez d'accord avec Maman est occupée, sur le fait qu'on ne peut rien faire contre ce qui s'est passé.
    C'est facile à dire, pour quelqu'un de l'extérieur, je sais, mais c'est parce qu'on a envie que tu ailles mieux, que tu tournes la page.
    Je suis sincèrement navrée pour toi et j'imagine comment tu dois te sentir. ..
    C'est toujours difficile à digérer un échec, pour autant, ce n'est pas ce qui te définit.
    Ce qui te définit, c'est l'amour et l'optimisme que tu portes en toi.
    je t'embrasse.

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    1. Merci Frau Pruno <3

      Je suis tout à fait d'accord avec toi sur le point que je ne peux rien contre ce qui s'est passé. Je pense depuis fort longtemps que les regrets ne servent à rien mais que l'on apprend de ses erreurs. Il faut donc que je tire les leçons de pourquoi j'ai raté et que je me mette au travail en conséquence ...

      Bises <3

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  9. Viens au Québec, on a bien des leçons à prendre en matière d'environnement. Ici, les consciences s'éveillent doucement à la problématique et il se pourrait que très bientôt, des opportunités se créent. Ne baisse pas les bras. Les concours, il faut parfois s'y présenter plusieurs fois avant d'être reçue...

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    1. Si les québécois commencent à prendre conscience de la problématique, le Québec est effectivement une piste à suivre (j'aurais déjà moins de mal avec la langue :D)

      Merci pour ton petit mot <3

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  10. J'ai ete decue pour toi au debut de ton billet... mais surtout confiante quand je lis la marche de tes pensees! Tu as l'air drolement forte et decidee! Ne lache pas et ne te laisse pas dire ce que tu peux faire ou ne pas faire. Je suis sure que tu trouveras en toi les ressources qui t'emmenerons vers l'epanouissement. Plein de pensees positives pour toi!

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    1. Merci Maman tout terrain ! Oui, je trouve que je me suis vite ressaisie maintenant, il faut que je me mette au travail avant d'oublier mes bonnes résolutions ;)

      Je t'embrasse <3

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  11. c'est normal que tu es été déçue et découragée. Le bilan de compétence est une super idée. tu as l'air très motivée! Go!

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