Comment j'essaie de manger mieux

- Il y en a marre de tous ces c***rds qui nous empoisonnent ! En plus, on les paye deux fois : par les subventions et en achetant leur merde !!!
- Tu ne veux plus qu'ils t'empoisonnent ? Tu changes ton alimentation et tes habitudes. Tu arrêtes d'acheter du conventionnel et tu passes au bio, dans la mesure du possible. Et tu verras, petit à petit, ils passeront au bio et arrêteront de nous empoisonner ...
- Oui, tu as raison mais, toi, tu peux te le permettre d'acheter bio : tu as les moyens. Mais pense à tous les autres, ceux qui vivent en HLM, etc. Ils ne peuvent pas, eux. Et pendant ce temps-là, ils continuent à acheter ces merdes et les paysans nous empoisonnent !!!
- Tu crois vraiment qu'avec mon salaire de fonctionnaire qui n'a pas augmenté depuis 10 ans, voire qui baisse un peu plus chaque année depuis 4 ans, mon crédit, l'essence qui ne cesse d'augmenter, j'ai les moyens ? Il y a des choix à faire, je ne change de portable (6 ans 1/2 l'actuel), de télé (remplacée au bout de 10 ans) ou de voiture (15 ans l'actuelle) que quand ceux-ci sont vraiment à bout. Tu trouves normal qu'on refuse de ne consacrer qu'une infime partie de notre budget mensuel dans la nourriture qu'on mange et donne à nos enfants ?
- ... Non.


Cette conversation revient souvent. On campe sur nos positions et il ne revoit pas forcément sa façon de consommer. De mon côté, j'essaie, je change, je tâtonne, je me questionne aussi beaucoup, commets des erreurs et suis loin d'être parfaite. Et aujourd'hui, j'ai envie de faire un petit point ici, sur ce blog.

Mode de production des aliments.
Le midi, à la cantine ou au resto, c'est clair qu'on subit les choix d'autres personnes et on ne va pas se mentir, on reste dans l'agriculture conventionnelle, produite à grands coups de pesticides, d'engrais chimiques et de subventions.
A la maison, on essaie de privilégier le Bio, dans la mesure du possible. Pourquoi ? Parce-que les pesticides et engrais nous empoisonnent. A commencer par les agriculteurs lorsqu'ils les épandent. A continuer par les populations qui les subissent dans l'air par les aérosols. Pense aux écoles, aux habitations voisines des champs. Puis ceux qui vivent un peu plus loin, par l'eau qu'ils boivent, par ce qu'ils mangent. Parce-que tous ces produits chimiques se retrouvent à un moment ou à un autre dans l'eau et donc dans notre verre d'eau, dans votre alimentation (on reparle des résidus de pesticides trouvés dans les céréales ?).
Ensuite, ça empoisonne la flore et la faune. Oh oui, je sais ce que tu vas dire : un peu marre de privilégier les plantes et les animaux à notre propre espèce. Une question : s'il n'y a plus d'abeilles et de papillons pour polliniser les plantes, que vas-tu manger ? Une autre : s'il n'y a plus d'hirondelles ou de chauves-souris pour manger mouches et moustiques, qui va en baver ? Bref, on fait partie de la planète, qu'on le veuille ou non ...


Mais je ne suis pas non plus une ayatollah du Bio et je n'achète pas QUE du bio. Je regarde autre chose.


Lieu de production des aliments.
On essaie aussi de privilégier une distance raisonnable. Parce qu'il y a aussi les émissions de gaz à effet de serre qui entrent en compte, les changements climatiques que l'on commence à bien, bien, bien sentir (point météo : la chaleur nous a abandonnés, on est passé de 35 à 15 °C en quelques jours mais on n'a toujours pas vu la pluie ... ça fait juste depuis mars). Alors, si j'ai le choix entre du bio produit en Hollande ou du pas bio produit en Corse, je vais prendre du conventionnel corse. Bon, je me contredis par rapport aux pesticides et engrais mais je pense "circuit court", "consommation énergétique" et puis, il y a autre chose. 
Si j'achète local, je soutiens les producteurs locaux, je permets à des gens à côté de chez moi de continuer à vivre, j'en incite d'autres à s'installer. Et quand il (re)commencera à y avoir une agriculture conséquente, certains s'installeront ou se convertiront au Bio et là, je pourrai, moi, consommatrice, faire le combo gagnant (pas pour mon porte-monnaie et mon banquier mais ça, c'est une autre histoire) : Bio ET local. La preuve ? Il commence à y avoir des conversions et il y a deux semaines, pour mes œufs, j'ai même eu le luxe de pouvoir choisir entre du Bio produit à l'autre bout de l'île ou du Bio produit dans ma vallée ...

Composition des aliments.
Là, il y a très certainement énormément de choses à revoir, je l'avoue.
On est à mi-chemin entre le "tout maison" et le "tout prêt". On n'achète pas de lasagnes et autres plats sous vide mais il y a des conserves (notamment lentilles) et des biscuits industriels (ils sont là pour quand on n'a plus de fait maison). Je ne lis pas la composition du jambon quand je l'achète.
Par contre, je fais la chasse à l'huile de palme, j'avoue. Pas pour des questions de santé, mais pour des principes environnementaux de base et très basiques. J'entends bien l’argument "les populations locales sont bien contentes de trouver les palmeraies pour avoir un salaire minimum pour vivre" mais il a du mal à me convaincre (les esclaves aussi étaient bien contents d'avoir un peu à manger). Par contre, les forêts primaires qui sont rasées, les kilomètres parcourus par le produit pour arriver jusque dans nos rayons, les écosystèmes ravagés qui ne permettent plus aux populations locales de vivre et les poussent à louer leurs bras pour un salaire de misère dans les plantations, me touchent un peu plus, désolée. Alors oui, je fais la chasse à l'huile de palme et ça me prend du temps. Heureusement, je commence à connaitre les produits exempts de cette saleté.
Mais là encore, le savais-tu mais il vaut parfois mieux acheter tes biscuits au rayon traditionnel qu'au rayon bio (il y a plein d'huile de palme dans les biscuits bio) ! Tu as plus de chances d'en trouver sans huile de palme !!!
Maintenant, à force de lire des étiquettes, je connais ceux que je peux acheter sans craintes et ceux qu'il vaut mieux revenir de temps en temps vérifier pour savoir s'ils ne sont pas revenus à de meilleurs sentiments vis à vis de ce corps gras. Je vais donc pouvoir désormais m'attaquer à l'huile de coprah ... Vaste programme.


Voilà, je vais m'arrêter là pour aujourd'hui, j'ai déjà écrit un roman mais c'est un article et un sujet qui me travaillaient depuis quelques temps déjà. 

Et toi, que penses-tu de tout cela ? Te penches-tu sur ton alimentation ? N'hésite pas, je ne mors pas et suis ouverte à la discussion.

PS : Je ne touche aucune commission par rapport à la dernière image (c'est bien dommage d'ailleurs, vue la consommation qu'en fait Batgirl), je la mets juste parce qu'elle représente ce que je recherche en ce moment quand on fait les courses : du bio, du bon et pas trop de kilomètres ... Et pour information : nous sommes passés à celle sans lait parce qu'elle est encore meilleure au goût !

Commentaires

  1. Nous avons exactement la même démarche à la maison
    - les légumes : chez le producteur bio ou à la cueillette dans une ferme de la commune qui fait du raisonné (c'est moins bien, mais c'est local et un peu moins cher que le bio)
    - les fruits : mon gros point noir, chez nous il y a peu de producteurs de fruits donc j'achète un peu local (des pommes...) et beaucoup grands frais ou magasin bio (mais ils ont pas grand chose et je veux du bio français)
    - la viande : local au maximum dans un magasin de producteurs. Sinon boucher (et français toujours- c'est pas du chauvinisme, c'est une question de normes qui sont différentes d'un pays à l'autre)
    - gâteaux : maison un max et quelques paquets d'avance de gâteaux du commerce (pas bio car j'en ai pas trouvé que les filles aimaient)
    - lait : c'estquilepatron (parce que je trouve idiot de payer 9ct de moins alors que ça fait pas bouffer les familles de paysans

    on a un budget bouffe conséquent, mais beaucoup moins depuis qu'on privilégie le fait maison...et surtout on a fait le choix du budget bouffe plutôt que le budget "autre chose".

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Franchement, cette société qui privilégie le budget "autre chose" aux budgets "alimentation" et "logement" j'ai un peu du mal à la comprendre ...

      Pour les fruits, on n'a pas énormément de vergers en Corse et de fruits locaux, à part les fameuses clémentines et un peu les pamplemousses. Donc, honnêtement, à part de novembre à janvier où j'achète mes clémentines en filet au bord de la route, je vais au supermarché. J'essaie d'acheter un maximum de saison, origine France et bio (les pesticides c'est une horreur et Catboy mange ses fruits avec la peau).
      Et c'est marrant, pour le lait, pareil, on achète c'est qui le patron ! Et sur les jus de fruits, on varie entre une marque insulaire (qui entre autres choses récupère des clémentines qui ne rentrent pas dans les canons de beauté) et c'est qui le patron.

      Et pour la viande, on va essayer un boucher dont on a entendu beaucoup de bien et qui fait un peu de tout (local, pas local et bio, pas bio). Je teste cette semaine.

      Supprimer
  2. Tout pareil ! On a la chance d'avoir des super fruits l'été en Roussillon pour le circuit court ms l'hiver poireaux, choux ou même pommes viennent de loin. C'est dingue aussi pr les biscuits bio et l'huile de palme !!! Ca a un peu évolué ms c'est très très lent. Quant au bio qu'est ce que c'est cher :(

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Chaque région a ses avantages et inconvénients ... C'est vrai que vous avez de supers fruits d'été chez vous, autant en profiter !

      Pour l'huile de palme dans le bio, chaque fois, je manque de m'étrangler : c'est quelque chose que j'ai du mal à comprendre ... Heureusement, effectivement, ça évolue et j'arrive désormais à trouver certains gâteaux que j'avais bannis à cause de ça sans huile de palme. Mais c'est lent et c'est uniquement grâce aux consommateurs qui font la chasse et boycottent !

      Oui, le bio est cher, malheureusement parce que c'est considéré comme un produit pour des gens qui ont un certain pouvoir d'achat ...

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

On en discute ?