Crise pas passagère

Je l'ai regardé et je lui ai dit "Allez viens mon Catboy, on n'y va pas demain. Moi, je ne vais pas travailler et toi, tu ne vas pas à l'école. Tu es d'accord ?". Bien évidemment, il a refusé en me disant que je devais aller à l'école et lui travailler pour notamment faire bouillir la marmite. Ou l'inverse, je ne sais plus.

Ou alors, il a sauté sur l'occasion et m'a dit que comme ça, nous irions à la plage le lendemain. Et on a scellé notre accord en se serrant la main.

Mais le lundi, après des mois sans eau et sous le signe de la chaleur, il faisait gris, il bruinait, il faisait frais et la mer était agitée. Alors, la mort dans l'âme, j'ai quitté la maison, avant même qu'il ne soit levé et je suis retournée au bureau. Mais je crois que j'aurais préféré être conduite à l'échafaud.


Je n'avais pas envie. Vraiment pas. Cela fait quelques temps déja que je n'ai plus envie d'y aller. Je gagne ma croute mais pas plus. J'ai aimé mon travail. Je pense qu'on peut faire avancer les choses et ça me plait. Enfin, ça me plaisait mais j'en ai marre.

Ils ont réussi à me dégouter

À force de se donner pour faire avancer. Pour essayer de faire les choses bien. Et puis ? Et puis, rien, aucune reconnaissance. Aucun avancement. Le pire ? Ceux qui n'en ont rien à cirer, connus pour leur manque d'entrain, qui non seulement ne sont pas sanctionnés mais en plus ont eu de l'avancement.

Les joies de la fonction publique. Le management Made In France, pire, Made In Fonction Publique.

Ne pas avoir de responsabilités, avoir ses dossiers saucissonnés, les supérieurs qui mettent leur nez dedans, ne te tiennent pas au courant ou pire qui te les torpillent. Parfois devoir travailler dans l'urgence parce-qu'ils ont oublié de transmettre, ou, mieux encore, pas jugé nécessaire jusqu'à la dernière minute. 

Fin août mes frangins, dans le privé, m'enviaient mon nombre annuel de jours de congés, le fait que je puisse avoir des récupérations quand je fais des heures supplémentaires. C'est bien mais ça ne fait pas tout. Mon plus jeune frère a commencé en bas dans sa boite, au bout de quelques années, il a pu progresser et suivre des chantiers. Il ne se doute même pas à quel point il a de la chance, malgré les heures sup' non payées. 

Voilà où j'en suis. J'en ai marre.

Heureusement, une bonne nouvelle m'attendait en ouvrant la page des ressources humaines ce matin. J'ai sauté sur l'occasion. Une obligation, réussir, cette fois ci. Une organisation à trouver.


Commentaires

  1. Je comprends ton état d'esprit. Quand tu donnes tout et que tu n'as rien au bout c'est terriblement épuisant...
    J'espère que cette bonne nouvelle va t'ouvrir des horizons.

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    1. Voilà, c'est terriblement épuisant, ça en devient une souffrance.

      Pour la bonne nouvelle, c'est désormais entre mes mains. On va dire que l'avantage de cette situation c'est que plus rien ne me retient sur mon poste et que ce coup ci, je suis plus que motivée...

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  2. Je n'ai pas tellement d'opinion sur la fonction publique, mais la description que tu en fais ne donne pas envie! C'est vrai que malgre les nombreuses heures, j'ai toujours eu la chance de trouver mes boulots motivants... et quand ce n'etait plus le cas, j'en ai change :)
    J'espere que cette occasion qui se presente sera a la hauteur de tes attentes... Plein de bonnes choses a toi!

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    1. Beaucoup de gens nous envient notre emploi à vie, nos jours de congés, nos salaires (encore que là il y aurait beaucoup à dire), etc. Mais peu de monde connait l'envers du décors, où parfois, effectivement, il vaut mieux ne pas travailler que de s'impliquer et franchement, c'est lourd à porter et vivre. Franchement, je compte effectivement changer, dans l'année. Maintenant, la question va être comment ? Soit par cette opportunité, soit en mutation, soit carrément en me barrant dans le privé...

      Je crois que ta façon d'appréhender les choses avec le travail est la meilleure ! Et punaise, quand on a un boulot motivant et qui nous plait, c'est juste énorme !!!

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  3. J'espère que la "bonne nouvelle" t'ouvrira de nouvelles opportunités plus enrichissantes. Beaucoup critiquent les fonctionnaires sans avoir aucune de idée de comment la fonction publique eut détruite l'once d'envie et de motivation qu'avait ses agents. Et c'est bien dommage car c'est avec des personnes motivées qu'on peut offrir un vrai service aux citoyens (et c'est quand même le but non?).

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    1. Pour la bonne nouvelle, il faut que je réussisse mais ça peut effectivement m'ouvrir de nouvelles opportunités et surtout avoir plus de responsabilités. C'est entre mes mains.

      Je pense effectivement que très peu de personnes, y compris d'anciens fonctionnaires, ont une idée de ce que peut être le rouleau compresseur de la fonction publique. Et je dirais qu'elle est malade de ça, mais malheureusement on ne cherche nullement à l'améliorer et on démotive et détruit bon nombre de bonnes volontés ... C'est effectivement plus que dommage parce qu'effectivement le but devrait être de fournir un service de bonne qualité aux citoyens !

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    2. L'homme a coutume de dire que la reconnaissance dans le boulot, faut pas compter dessus. Ce n'est pas le boulot qui fait avancer. C'est la communication, l'image que l'on donne. Il ajoute souvent qu'on intéresse les autres que si ce qu'on fait les fait avancer. :/

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    3. L'homme est très blasé mais je pense qu'il a entièrement raison, malheureusement :/

      En fait, il suffit de beaucoup parler, avec les uns et les autres, de temps en temps se plaindre qu'on est débordé pour que tout le monde pense que tu bosses bien et beaucoup ... Par contre, si tu es réservé(e) et que tu passes du temps dans ton bureau ou sur le terrain (à essayer de faire avancer les choses), rien, nada, que dalle. Après, je ne bosse pas que les collègues me jettent des fleurs. Un avancement, par contre, je ne serais pas contre mais comme dirait Goldman : je ne peux compter que sur moi-même.

      Mais ce qui me fait le plus péter un câble, c'est quand mes supérieurs torpillent mon travail. Là, non, ce n'est juste pas possible !

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    4. j'imagine la colère et la frustration!

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