Ma réaction à chaud sur le référendum catalan

Le référendum a eu lieu. Il était loin, il ne nous concernait pas (directement) mais il accapare bien plus mes pensées que l'attentat à Marseille ou que l'attaque à Las Vegas. J'en suis désolée mais que veux-tu, nous sommes des animaux égoïstes et c'est pour cela qu'il m'occupe bien plus que le reste de l'actualité.

Nous ne votions pas. Nous ne vivons ni dans la région, ni dans le pays concerné. Et pourtant, je me demande quelles conséquences il aura sur nos vies, à nous. Car il s'agissait d'un référendum pour l'indépendance d'une région. Car le gouvernement espagnol a interdit et réprimé ce référendum, menace d'emprisonner des élus du peuple catalan. Car je vis dans une région avec un forte histoire indépendantiste, actuellement aux mains, tout comme la Catalogne, des natios.

Car les maitres de l'île ont senti l'odeur du sang, ce que cela peut rapporter (gros), à la veille d'élections locales, de se porter solidaires des Catalans, peuple opprimé par un état colonial. Car les maitres de l'île cherchent en permanence la confrontation avec leur état colonial à eux. Ils vivent de ça, grâce à ça.

Alors, aujourd'hui, je vais te parler de nationalisme, d'indépendance, de référendum, d'autodétermination et de ce qu'il vient de se passer en Espagne. Car, cela me concerne directement, te concerne directement, aussi.

Mariano Rajoy a fait une énorme connerie. Désolée pour mon langage mais il n'y a pas d'autre mot pour définir ce qu'il s'est passé là bas : le gouvernement catalan lui a tendu un piège et il a sauté à pieds joints dedans ! Il ne fallait pas interdire ce référendum, il ne fallait pas l'empêcher de se dérouler, flics armés à l'appui. Il a donné de l'état colonial dans toute sa splendeur, dans toute son abjection, il a permis à ce score d'exister : 90 % pour le Oui ? Mais dans ces conditions là, ce n'est rien !

Toute à l'heure, l'homme me disait qu'il devait y avoir quelques personnes qui, par peur du Oui, de se faire virer de leur maison, étaient aller voter contre. Me prenant à témoin, il m'a dit "S'il y avait un tel référendum ici, nous, nous y irions !" 

Comment dire ? 

1/ Je ne suis pas sure que je me déplacerais, non.
2/ Franchement ? Déjà, en temps normal, je ne suis pas certaine que je voterais contre l'indépendance de la Corse mais là, dans ces conditions-là, encore moins : hors de question de me porter caution pour un état colonial.

Voilà, c'est dit : je ne suis pas indépendantiste mais non, je ne suis pas contre l'indépendance de la Corse (même si, honnêtement, je serais pas mal embêtée si elle l'obtenait). Je n'aime pas me faire traiter de colon car je ne suis pas ici dans cet esprit là mais parce-que j'aime cette île, son caractère et ses gens. J'y suis acceptée et l'autre jour quand je rappelais justement à un Corse que j'étais française, il m'a fait le compliment de me répondre que j'étais presque Corse, notamment parce-que nous sommes acceptés. 

Oui mais voilà, avec les élections qui approchent (dans moins de deux mois, on renouvelle l'assemblée territoriale), les autres énergumènes vont s'amuser à raviver les flammes, attiser le brasier, se servir de ce qu'il vient de se passer en Catalogne, promettre un référendum, exacerber les tensions. Et nous allons, avec nos enfants, vivre au milieu de tout cela. Nous sentir pointés du doigt, visés, nous demander si nous n'exagérons pas un peu, si nous ne tombons pas dans la parano et repartir de plus belle, et se dire que l'état français a failli, plus d'une fois avec la Corse. Et se demander, et s'interroger. 

Et se demander comment notre pays va réagir quand le référendum sera organisé. Va t'il retenir les leçons de l'Espagne ? Parce-que, franchement, même des français, qui n'auront rien à y gagner, voteront "Oui" à l'indépendance de la Corse si un référendum est interdit et réprimé ici, moi la première.

Ce qu'il s'est passé hier en Catalogne et ce que promet Rajoy pour les jours à venir est inadmissible. Et maintenant, que va t'il se passer ? Quelle va être la suite des évènements ?


J'ai livré mon ressenti sur ce référendum, en lien avec mon actualité. Et toi, qu'en penses tu ? Comment vis tu les évènements de ces 24 dernières heures ?

Commentaires

  1. Oui Rajoy s'est fait piéger comme un imbécile. Oui certains nationalistes corses vont se sentir pousser des ailes.
    Mais Corse et Catalogne sont incomparables. La Catalogne est riche, c'est un moteur, une vraie puissance économique alors que, que dire de notre chère Corse...
    Nombreux sont les corses qui sont lucides et savent à quel point France et Corse ont besoin l'une de l'autre et peut-être l'une plus que l'autre, sans volonté de polémiquer de ma part.
    Parfois je me demande si les nationalistes eux-mêmes auraient intérêt à être indépendants ? Si la situation n'est pas bien plus tranquille pour eux actuellement que s'ils avaient à prendre réellement le destin de l'ile en main. Tu ne crois pas ?
    Cela dit je comprends ton sentiment humain mais quelque peu épidermique^^.

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    1. Moi, avoir des réactions épidermiques ? Ce n'est pas mon genre voyons !!! Je suis quelqu'un de très mesuré 😅 Je souligne une chose: j'ai pris les devant et fait mon article avant de les entendre déblatérer, sinon, ça aurait pu être autre chose.

      Après, je suis sérieuse quand j'étais dis que j'en ai ras la casquette de me faire traiter de colon et que je suis pour l'auto-détermination des peuples.

      Bon, sérieusement, tu as tout à fait raison sur une chose: économiquement parlant, on ne boxe pas dans la même catégorie et franchement, si cette chère Corse avait son indépendance, elle aurait quelques années particulièrement dures... Mais je ne me fais pas de soucis pour mes chers natios qui trouveraient (encore) moyen d'en rejeter la faute sur l'Etat Colonial, plutôt que de rechercher des solutions pérennes et viables économiquement, de persévérer dans les choix qu'ils font et de traiter toute l'île équitablement. Mais, franchement, ça leur ferait les pieds un peu.

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  2. J'allais aussi écrire un article ms je crois que je vais un peu attendre car j'ai besoin de recul et surtout ne pas attiser le feu puisqu'ici on me connaît et on me lit sur le blog. Ceci étant je partage ton avis à 100%. Si Rajoy avait autorisé le référendum normalement crois-moi que le oui ne passait pas forcément ... seuls les ultra convaincus ont eu envie de se déplacer et d'affronter ce merdier (desolee aussi pr l'expression). Il a tellement foiré Rajoy que fleurissent partout sur mon fil FB les portraits de mes potes sous un drapeau independantiste catalan. La moitié ne l'étant pas du tout mais le faisant par solidarité suite aux vagues de violence. Comment convertir des non en oui en une leçon : celle de Rajoy ... c'était peut être un piège ms en ts les cas il n'est pas futefute car personne n'aurait procédé de la sorte.

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    1. L'avantage de ne pas être connue, surtout dans des régions comme les nôtres et des questions sur l'indépendance et le nationalisme ... Ça permet de se lâcher à chaud ;-) Mais j'attends avec impatience ton article, écrit avec plus de recul, ça permet de comparer les sentiments ...
      Ceci étant dit, tu as totalement raison : en s'arc-boutant comme ça, il a permis la victoire du Oui, j'en suis archi-convaincue et le résultat n'aurait surement pas été le même avec un référendum autorisé puisque les votants auraient réfléchi aux conséquences avant de glisser leur bulletin dans l'urne. Là, ont voté seulement les ultra-convaincus et ceux, comme tes amis, à qui la sègue est montée (comme on dit sur mon île). Mais quelle idée ?

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  3. L'Occitanie est toute frémissante . Déjà que depuis 27 ans nous sommes toujours les essstrangers et que je ne parle pas le catalan...j'espère qu'ils vont se calmer ! Je ne me vois pas devoir regagner mes brumes du Nord ! C'est quand même formidable la manie qu'ont les humains à se compliquer la vie et éviter de vivre en paix !

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    1. Tu m'étonnes ! Ça doit être quelque chose ces jours-ci de vivre en Occitanie (d'ailleurs, soit dit au passage, j'adore le nom de la région, c'est trop beau !) ... Je connais ça d'être toujours considéré comme un estranger, malgré les années :/
      Je ne comprends pas pourquoi nous sommes incapables de vivre en paix :(

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  4. je ne vis pas comme toi dans une région où les indépendantistes sont légions. Ici l'envahisseur français a été accepté depuis des siècles. Mais comme toi j'ai regardé ce qui s'est passé en Catalogne hier avec beaucoup de craintes. Rajoy a très mal réagit. Répondre par la violence n'a fait que renforcer les velléités d'indépendance des indépendantistes convaincu et rallier à une cause qui pouvait leur sembler lointaine des catalans qui n'ont peut-être plus envie aujourd'hui de vivre dans un pays où la police se comporte ainsi.
    Pourquoi ne pas avoir laissé faire...pour dire ensuite "he les gars, c'était bien gentils, mais on s'en fiche en fait puisque c'est pas constitutionnel et qu'en plus personne ne s'est déplacé pour voter"? Pourquoi cette violence?
    Et maintenant? Les Corses? Les Basques? les Bretons? les Ecossais? Les Irlandais? Les Flamands?
    Quand je pense qu'ado je rêvais de l'esperanza, cette langue qu'on aurait du apprendre à tous les peuples européens pour créer non pas seulement une monnaie unique, mais un mode de communication partagé.

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    1. Moi, ce qui me fait le plus "marrer", c'est quand je vais dans l'arrière pays niçois ou en Savoie, de savoir qu'ils ont été rattachés à la France bien plus récemment que la Bretagne (la blague, ça fait des siècles), le Pays Basque ou même la Corse, et de voir qu'ils ne revendiquent aucune indépendance ... Personnellement, j'ai grandi dans une région où l'envahisseur a été accepté et donc je regarde tout ça avec beaucoup de circonspection et d'étonnement ...
      Je pense que ce qu'il s'est passé en Espagne ce week-end nous concerne tous, que nous vivions ou non dans une région avec des envies d'indépendance. Exactement, pourquoi n'a t'il pas laissé faire, malgré l'inconstitutionnalité plutôt que d'envoyer les flics armés jusqu'aux dents ? Il n'a fait que braquer les indépendantistes et rallier du monde à leur cause !!!

      Pareil, ado, je pensais que l'avenir, c'était l'ouverture des frontières, un peuple européen unique. Aujourd'hui, c'est tout l'inverse qui se produit et les nationalismes et régionalismes montent à toute allure. Triste époque :'(

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