De quoi se plaint-on ?

Quatre millions de chômeurs, 10 % de la population active. Et parmi ceux qui ont un travail, combien sont en situation de stress, souffrance, burn-out ?

Dites-moi, combien ?

Si l'on lit certains commentaires sous les quelques articles qui osent l'évoquer, c'est parce-qu'on est des chochottes, des pauvres petits chéris qui avons trop le temps de se regarder le nombril. Peu d'articles pour en parler, pour se pencher vraiment sur ce problème. Car après tout, de quoi se plaint-on ? On a un travail, nous, contrairement à ces millions de chômeurs qui eux n'ont rien ...

Les causes de cette souffrance ? Elles sont multiples et varient selon les situations. Du trop de travail au pas assez / pas assez de responsabilité, manque de reconnaissance, ordres contradictoires. Les méthodes managériales parfois détestables. Semer la zizanie. Ne pas redescendre l'information. Les conditions de travail dégradées. Et sans doutes tant d'autres.

On veut bien reconnaitre la chose pour le privé, surtout avec la précarité. L'évoquer comme possible dans certains secteurs du public, comme la santé, la police. Mais pour les autres, ce ne sont que des petites choses toutes fragiles qui se laissent dépasser par si peu. Pour peu qu'on rajoute par-dessus l'étiquette du privilégié, du nanti à cause du statut de fonctionnaire, alors la chape de plomb sur le problème est complètement scellée ... Circulez, il n'y a rien à voir !

Mais pourquoi autant de personnes sont-elles touchées à des degrés plus ou moins élevés ? Quel est ce pays où nous avons le choix entre chômage et situations professionnelles explosives à des degrés divers ?

On nous avait dit : travaille bien à l'école et tu pourras faire ce que tu voudras de ta vie. Mais combien ont-ils pu atteindre ce graal ? Et pour les autres, qu'est-ce qu'on fait ?

Ferme ta gueule et souffre en silence, il y en a tant qui rêveraient de travailler ! C'est ça ? Et on va jusqu'où comme ça ? Et ceux qui refusent (ou ne peuvent tout simplement pas) de consulter, de demander de l'aide à un professionnel, ils font quoi au juste ? Parce-que, tu comprends, la situation n'est pas si grave (chômeurs, vrais burn-out, situations plus désespérées, etc.). Ou bien, oui, le mot "psy" fait peur, les médicaments qui peuvent être prescrits aussi. Le regard social autour de l'arrêt de travail, je n'en parle même pas. Alors que fait-on ? On encaisse en espérant un avenir meilleur ? Et s'il n'arrive pas ? On fait quoi, au juste ?

Oui, je sais, on ne peut aider ceux qui ne se signalent pas. A moins de changer le monde du travail en lui-même. De lui donner un sens. De changer les méthodes, aussi. D'essayer de s'améliorer pour que tout le monde y trouve son compte. 


Commentaires

  1. Un article juste et criant de vérité ma belle.
    Niveau réforme, tout le monde s'en donne à coeur joie mais je crois que la plus importante ce serait bien celle du travail. Car comme tu le dis peu s'y retrouve. J'en parle pas mal autour de moi et le constat est le même. On s'accroche alors. Jusqu'à quand?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les réformes vont dans tous les sens, à une vitesse phénoménale et nous n'avons pas le temps de nous adapter ... J'en discutais en formation cette semaine : ça crée une énorme souffrance chez les employés et ce n'est malheureusement pas pris en compte.
      Avant que ça n'explose, il faudrait prendre en compet ce paramètre pour ceux qui travaillent !!!

      Supprimer
  2. C'est toujours le truc facile, le "te plains pas, il y a des gens sans emploi/plus précaires/etc"
    Effectivement, mais ce n'est pas pour ça qu'il faut tout accepter sous prétexte qu'on a un emploi!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le pire, c'est que nous nous mettons nous même en tête cette phrase : "ne te plains pas, il y a pire que toi" ... Je crois que c'est le pire !!!
      Mais, comme tu le dis, ce n'est pas parce-qu'il y a pire qu'on doit tout accepter ...

      Supprimer
  3. J'adore ton article :) C'est génial d'avoir osé dire ce qui ne va pas. On dirait que les gens ne le voient même plus ... enfin on va espérer que ça aille mieux même si j'en doute. Bon courage à tous ceux qui sont dans cette situation ou au chômage comme moi.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je te remercie pour ton commentaire :) Pour que ça aille mieux, il faudrait qu'on arrête de faire le dos rond et qu'on en parle, qu'on se batte pour que ça s'améliore ...
      Et je te souhaite également beaucoup de courage car ta situation n'est pas top non plus.

      Bises

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

On en discute ?